Acquisition par Jean de Choisy 1600 (≈ 1600)
Achat du fief par un marchand de vin.
1625–1630
Construction du château
Construction du château 1625–1630 (≈ 1628)
Œuvre attribuée à François Mansart pour Jean II de Choisy.
1665
Transfert des décors parisiens
Transfert des décors parisiens 1665 (≈ 1665)
Mme de Choisy y installe mobilier et décors du Luxembourg.
1698/1700
Vente à la princesse d’Harcourt
Vente à la princesse d’Harcourt 1698/1700 (≈ 1700)
Bref passage avant érection en marquisat.
1704
Érection en marquisat
Érection en marquisat 1704 (≈ 1704)
Pour Jacques de La Cour et sa lignée.
1951
Classement monument historique
Classement monument historique 1951 (≈ 1951)
Protection du château, jardins et communs.
1970
Achat par Malcolm Forbes
Achat par Malcolm Forbes 1970 (≈ 1970)
Création du musée des ballons et festival.
2019
Revente à Roy Eddleman
Revente à Roy Eddleman 2019 (≈ 2019)
Changement de propriétaire américain.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le château, les pavillons d'angle de sa cour d'honneur, les façades et toitures des bâtiments des communs et les deux tours qui précèdent ces derniers, ses douves, ses jardins et son parc : classement par arrêté du 18 janvier 1951
Personnages clés
Jean de Choisy - Premier propriétaire (dès 1600)
Marchand de vin enrichi, père du commanditaire.
Jean II de Choisy - Commanditaire du château
Conseiller d’État, époux d’une Hurault.
François Mansart - Architecte attribué
Conçoit plans et perspective du village.
Abbé de Choisy - Mémorialiste et diplomate
Héritier, ambassadeur au Siam, auteur.
Charles de La Fosse - Peintre du plafond
Auteur du *Char du Soleil* (1675).
Malcolm Forbes - Propriétaire (1970–2019)
Crée musée des ballons et festival.
Marcel Proust - Visiteur célèbre
Inspiration pour le château de Guermantes.
Origine et histoire
Le château de Balleroy, édifié entre 1625 et 1630 sur des plans attribués à François Mansart, est un joyau de l’architecture Louis XIII. Acquis en 1600 par Jean de Choisy, un marchand de vin enrichi grâce à sa proximité avec le surintendant François d’O, le domaine était alors un modeste fief normand. Son fils, Jean II de Choisy, conseiller d’État et chancelier du duc d’Orléans, fit construire le château actuel. Marié à une Hurault, femme de lettres proche de Marie de Gonzague et de Louis XIV, il y transporta après 1665 le mobilier et les décors de leur palais du Luxembourg, encore visibles aujourd’hui.
Le château passa ensuite à leur fils, l’abbé de Choisy (1644–1724), connu pour ses Mémoires et son ambassade au Siam. Vendu en 1698/1700 à la princesse d’Harcourt, le domaine devint un marquisat en 1704 pour Jacques de La Cour, dont les descendants le conservèrent jusqu’au XXe siècle. Pendant la Révolution, deux fils du marquis furent guillotinés, et sa fille, la comtesse d’Hervilly, échappa à la mort grâce à une mise en scène simulant la folie. Le château, confisqué puis restitué, resta dans la famille jusqu’en 1970, date à laquelle Myriam Bénédic le vendit à Malcolm Forbes, qui y créa un musée des ballons et organisa un festival de montgolfières.
Classé monument historique en 1951, le château se distingue par son escalier à double mouvement, son Char du Soleil peint par Charles de La Fosse (et non Mignard), et ses jardins dessinés par Le Nôtre, complétés au XXe siècle par Henri Duchêne. Le parc, classé depuis 1943, abrite aussi des communs transformés en musée par Forbes. Parmi ses visiteurs illustres, Marcel Proust s’en inspira pour le château de Guermantes dans À la recherche du temps perdu, tandis que l’impératrice Eugénie posséda une toile du comte Albert de La Cour, peintre animalier du XIXe siècle résidant sur place.
Architecturalement, Balleroy incarne le Grand Siècle : schiste rouge local, chaînes de pierre de Caen, toits d’ardoise, et un pavillon central flanqué de deux ailes. La cour d’honneur, encadrée de pavillons carrés et de guérites, s’ouvre sur une perspective jalonnée d’une allée, d’une pente douce, et de parterres de buis. Le village voisin fut même déplacé pour créer cette vue, témoignant de l’ambition esthétique de Mansart. Aujourd’hui, le château allie patrimoine historique et collections aéronautiques, héritage de Forbes.
Les douves, les jardins à la française, et les intérieurs (salons aux parquets versaillais, portraits de la famille d’Orléans) sont protégés. Le site, toujours privé, perpétue une histoire mêlant noblesse, diplomatie, et avant-garde technique, des salons littéraires du XVIIe siècle aux montgolfières modernes.
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