Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Château de Beaufort en Savoie

Château de Beaufort

    2962 Route de Champtardy
    73270 Beaufort

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
900
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
vers 923
Fondation par Bernard de Beaufort
XIIe siècle
Construction du donjon carré roman
1271
Cession à Béatrix de Faucigny
1282-1305
Ajout des tours rondes
1355
Rattachement à la Savoie
1536
Transformation en lieu religieux
1793
Vente comme bien national
1870
Acquisition par les Augustins
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Bernard de Beaufort - Seigneur fondateur Premier représentant connu vers 923.
Guillaume de Beaufort - Dernier seigneur de Beaufort Cède le château en 1271.
Béatrix de Faucigny - Dauphine et modernisatrice Ajoute les tours rondes (1282-1305).
Amédée V de Savoie - Comte de Savoie Rattache Beaufort à la Savoie en 1355.
Claude Bal - Acquéreur révolutionnaire Achete le château en 1793.
Antoine Martinet - Restaurateur de la chapelle Rachat en 1837, restauration en 1845.

Origine et histoire

Le château de Beaufort, attesté dès le XIe siècle vers 923 avec Bernard de Beaufort, fut initialement une forteresse en bois et pierre contrôlant la vallée du Doron, dite de Luce. Élevé sur l’emplacement d’une villa gallo-romaine nommée Villa Lucia, il devint le cœur de la seigneurie de Beaufort au XIVe siècle sous les sires de Faucigny. Son rôle stratégique s’affirma grâce à sa position dominant le confluent du Doron et du Dorinet, permettant le contrôle des axes vers la combe de Savoie, la Tarentaise et le Faucigny. La famille de Beaufort, vassale des Faucigny, y érigea une tour carrée romane (XIIe siècle), puis des remparts flanqués de sept tours.

Au XIIIe siècle, le château fut au centre de conflits entre les Dauphins et la maison de Savoie. En 1271, Guillaume de Beaufort, endetté, le céda à Béatrix de Faucigny, qui y ajoutait deux tours rondes (est et ouest) entre 1282 et 1305. Le traité de Paris (1355) rattacha définitivement le Beaufortain à la Savoie, marquant la fin de son rôle militaire. Le château devint alors un symbole religieux : en 1536, des dominicaines chassées de Genève par la Réforme s’y installèrent, transformant la chapelle en lieu de pèlerinage sous le vocable Notre-Dame-des-Châteaux. Les dominicains d’Annecy prirent ensuite le relais jusqu’à la Révolution.

Architecturalement, le château se compose d’une enceinte haute avec un donjon carré roman (7x7 m, 25 m de haut) et un second donjon cylindrique (XIIIe siècle). Le corps de logis du XVIe siècle, adossé au donjon, conserve des traces d’une demi-tour ronde. La tour ouest, mieux préservée (3 m de diamètre, murs de 3,50 m d’épaisseur), contraste avec la tour est, endommagée par la foudre en 1730. Après la Révolution, le site fut vendu comme bien national (1793) à un ancien bénédictin, Claude Bal, qui le convertit en exploitation agricole. Rachat en 1837 par le révérend Antoine Martinet, puis en 1870 par les Augustins de l’Assomption, qui y établirent un alumnat jusqu’au XXe siècle.

Le château de Beaufort illustre les enjeux politiques et religieux du Beaufortain, passant des mains des seigneurs locaux (Beaufort, Faucigny) à celles des Savoie, puis devenant un lieu de culte marial. Son histoire reflète aussi les transformations sociales, de forteresse médiévale à domaine agricole et centre spirituel. Les vestiges actuels, protégés sur le plateau des Vanches, témoignent de ces métamorphoses, tandis que la chapelle Notre-Dame-des-Châteaux reste un symbole identitaire pour la vallée.

La châtellenie de Beaufort, organisée dès le XIVe siècle, regroupait le bourg de Saint-Maxime, les quartiers d’Arêches et de Roselend, ainsi que les paroisses du Villard et de Hauteluce. Sous l’administration savoyarde, les châtelains – officiers nommés pour gérer les revenus fiscaux et l’entretien du château – perdirent leur rôle militaire après 1355. Leurs armes, deux tours d’argent en champ d’azur, symbolisaient cette autorité. Au XVIIe siècle, la seigneurie fut érigée en marquisat pour la famille de Fleury, qui la conserva jusqu’en 1771.

Liens externes