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Château de Bellinglise dans l'Oise

Oise

Château de Bellinglise

    1 Rue de Bellinglise
    60157 Élincourt-Sainte-Marguerite

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIIe siècle
Origine du manoir
1250
Alliance Hamel-Coudun
1444
Acquisition de Beauvoir
XIVe siècle
Premier agrandissement
1631
Fuite de Marie de Médicis
1661
Vente de la seigneurie
XIXe siècle
Modifications architecturales
2005
Ouverture aux séminaires
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Marie de Coudun - Dame d’Élincourt (XIIIe s.) Fondatrice de la lignée Hamel-Bellenglise par mariage.
Wathier Hamel - Seigneur de Bellinglise (XIIIe s.) Époux de Marie de Coudun, ancêtre des Hamel.
Louis de Hamel - Seigneur haut justicier (XVe s.) Acquiert la chastellerie de Beauvoir en 1444.
Jean de Barbaçon et Marie de Canny - Ancien propriétaires (XVe s.) Cèdent Beauvoir aux Hamel en 1444.
Claire-Eugénie d’Élincourt - Dernière seigneur (XVIIe s.) Vend la terre en 1661, meurt sans héritier.
Un membre non nommé de la famille Bellinglise - Complice de Marie de Médicis (1631) Aide la reine mère à fuir Compiègne.

Origine et histoire

Le château de Bellinglise, situé à Élincourt-Sainte-Marguerite dans l’Oise, trouve ses origines au XIIe siècle sous la forme d’un manoir médiéval. Ce premier édifice, modestement agrandi au XIVe siècle, servait de siège seigneurial aux Hamel de Bellinglise, qui y exerçaient la haute, moyenne et basse justice. Une tourelle de la façade abritait même une prison, symbole de leur pouvoir judiciaire. Les matériaux d’origine – pierre et probablement bois – cèdent progressivement la place, à la Renaissance, à une structure en briques rouges et noires, rehaussée de chaînages de pierre blanche, reflétant l’ascension sociale de la famille.

Au XVIIe siècle, le château subit des aménagements mineurs, tandis que son rôle judiciaire décline après la vente de la seigneurie en 1661 par Claire-Eugénie d’Élincourt. Un épisode marquant survient en 1631, lorsqu’un membre de la famille aide Marie de Médicis à fuir Compiègne, illustrant leur influence persistante. Le XIXe siècle apporte de nouvelles modifications architecturales, avant que le domaine ne devienne, au XXIe siècle, un lieu dédié aux séminaires d’entreprises, géré depuis 2005 par le groupe Châteauform’.

Le toponyme Bellinglise révèle une origine médiévale typique de la Picardie, combinant un nom de personne germanique (peut-être Bellin ou Beling) et le suffixe -glise (pour « église »). Ce modèle, calqué sur les formations franques en -kerke, témoigne de l’influence linguistique des Francs ou des Saxons dans la région. Le fief, initialement lié à la famille de Coudun, passe aux Hamel par mariage au XIIIe siècle, scellant leur domination locale pendant plusieurs siècles. La chastellerie de Beauvoir, acquise en 1444, renforce leur autorité judiciaire, tandis que la prison du château, installée dans une tour près de l’entrée, rappelle leur pouvoir coercitif.

L’histoire du château est aussi celle des transformations sociales : du moyen âge (justice seigneuriale) à la Renaissance (embellissements architecturaux), puis à l’époque moderne (déclin de la seigneurie). Les Hamel, par leurs alliances (comme celle de Marie de Coudun avec Wathier Hamel vers 1250) et leurs acquisitions, incarnent l’ascension d’une lignée noble picarde. Leur disparition au XVIIIe siècle marque la fin d’une ère, avant que le domaine ne trouve une nouvelle vocation contemporaine.

Aujourd’hui, le château de Bellinglise, entouré de son parc centenaire, conserve les traces de ces métamorphoses : le manoir médiéval remanié, les façades Renaissance, et les ajouts des XIXe et XXIe siècles. Son usage actuel, dédié à l’accueil professionnel, contraste avec son passé judiciaire et seigneurial, tout en perpétuant son rôle de lieu de rassemblement.

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