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Château de Bionne dans l'Hérault

Château de Bionne

    1225 Rue de Bionne
    34070 Montpellier
Vpe

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1685
Première mention du château
1718
Départ de Basville
1826
Acquisition par André Tissié
1868
Tableau de Bazille
1918
Don au Musée Fabre
2010
Événement moderne
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Nicolas de Lamoignon de Basville - Intendant de Languedoc Premier propriétaire connu, lié à un scandale.
Gabrielle Pavée de Villevieille - Maîtresse de Basville Personnage central du scandale du XVIIe siècle.
Frédéric Bazille - Peintre montpelliérain A peint Bionne et sa famille.
André Tissié - Banquier et amateur d'art Propriétaire en 1826, père de Suzanne Tissié.
Alphonse Tissié - Dernier propriétaire Tissié Offrit un Bazille au Musée Fabre.
Albert Leenhardt - Historien local Auteur d’un ouvrage sur Bionne (1931).

Origine et histoire

Le château de Bionne, initialement nommé château de Mont-Louis, est une folie montpelliéraine construite à la fin du XVIIe siècle, puis transformée au XIXe siècle. Situé au 1225 de la rue de Bionne, à l’ouest de Montpellier, il se distingue par son toit à la Mansard, rare pour ce type de monument. À l’origine, il appartenait à Nicolas de Lamoignon de Basville, intendant de justice et finances en Languedoc, qui y cachait sa liaison adultère avec Gabrielle Pavée de Villevieille, un scandale connu dans toute la ville. Un pamphlet de l’époque, Le conte des fées du mont des Pucelles, moquait cette affaire sous des noms d’emprunt.

En 1718, après le départ de Basville, le château change plusieurs fois de mains, dont celles de la famille Bonnier, qui lui donne son nom actuel. Une légende locale évoque des souterrains secrets reliant Bionne au château de la Mosson, bien que jamais retrouvés. Au XIXe siècle, le domaine passe aux familles Pourtalès, Montpezat, puis Thibault, avant d’être acquis par les Tissié, proches du peintre Frédéric Bazille. Ce dernier y immortalisa les paysages et sa belle-famille dans des toiles conservées au Musée Fabre.

Au XXe siècle, le château devient un centre de colonies de vacances, puis le premier centre d’IVG de Montpellier, avant d’être transformé en hôtel. Son architecture, bien que modifiée (remplacement des tuiles par des ardoises), conserve des éléments originaux comme une grotte-fontaine datée de l’époque Basville. Aujourd’hui, il allie héritage historique et usage contemporain, tout en gardant des traces de son passé artistique et mondain.

Le domaine de Bionne fut aussi un lieu de villégiature pour des amateurs d’art, comme Alfred Bruyas, ami des Tissié. Frédéric Bazille y peignit Étude pour une vendange (1868) et une Réunion de famille incluant Suzanne Tissié, épouse de son frère. En 1918, Alphonse Tissié offrit au Musée Fabre un portrait en cuirassier peint par Bazille. Le château, lié à l’histoire culturelle montpelliéraine, incarne ainsi les connexions entre pouvoir, art et société du XVIIe au XXe siècle.

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