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Château de Boringe en Haute-Savoie

Haute-Savoie

Château de Boringe


    Reignier-Ésery

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1263
Construction par Pierre de Savoie
1296
Inféodation à Guillaume de Confignon
1er janvier 1591
Siège par les troupes françaises
1594
Effondrement du pont
XIXe siècle
Fouilles par le docteur Bizot
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Pierre de Savoie - Comte de Savoie et constructeur Ordonne la fortification en 1263.
Agnès de Faucigny - Baronne de Faucigny et comtesse Épouse de Pierre de Savoie, liée à la seigneurie.
Guillaume de Confignon - Chevalier inféodataire Effectue des réparations en 1296.
Béatrice de Faucigny - Baronne et suzeraine Inféode le château en 1296.
Marquis de Lullin - Défenseur du château Commande la garnison en 1591.
Baron de Sancy - Commandant des troupes françaises Prend le château en 1591.

Origine et histoire

Le château de Boringe, aussi appelé Pont de Boringes ou Pont-sur-Arve, est un château fort édifié au début du XIIIe siècle, puis remanié dans sa seconde moitié. Situé sur la rive gauche de l'Arve, sur un rocher dominant le hameau de Boringe (commune actuelle de Reignier-Ésery), il contrôlait un pont vital reliant les paroisses de Saint-Romain et Nangy. Ce pont, emprunté par la route entre Nangy et La Roche via le châtelet du Crédoz, permettait aussi de relier Genève à Bonneville, en amont. Le château relevait initialement d’une seigneurie partagée entre les comtes de Genève et les barons de Faucigny, avant de passer sous contrôle exclusif de ces derniers. Ses ruines, aujourd’hui sur un terrain privé, restent partiellement visibles malgré une végétation dense.

La première mention écrite du château, alors nommé Pont-sur-Arve, date de 1263 : un acte atteste que le comte Pierre de Savoie, époux d’Agnès de Faucigny, l’a fait construire et fortifier parmi d’autres édifices du Faucigny. En 1296, la baronne Béatrice de Faucigny l’inféode au chevalier Guillaume de Confignon, qui y effectue des réparations avant son retour à la Grande Dauphine en 1299. Le fief change ensuite plusieurs fois de mains, passant notamment à Humbert de Cholay (1319), puis à un demi-frère de Nicod de Ferney (1345). Au XVe siècle, il devient un apanage de la branche cadette des Genève-Lullin, descendants de Guillemette de Ferney et de Thomas de Genève-Lullin.

Au cours des guerres opposant la France à la Savoie, le château est attaqué le 1er janvier 1591 par les troupes réformées françaises du baron de Sancy. Malgré une défense acharnée menée par le marquis de Lullin avec seulement 40 hommes, la forteresse capitule après 72 coups de canon. Démantelée par les Français, elle perd son rôle stratégique en 1594 lorsque le pont s’effondre. Racheté au XIXe siècle par le docteur Bizot, le site fait l’objet de fouilles archéologiques et est immortalisé par une gravure d’Henry-John Terry dans L’Album de la Haute-Savoie.

L’enquête delphinale de 1339 décrit un édifice installé sur un molard rocheux défensif, composé d’un donjon rectangulaire (7x8 mètres, antérieur à 1263), de deux tours carrées de 14 toises, et de bâtiments annexes (étable, chambres, salle avec fourneaux). Le donjon, accessible par un pont-levis, dominait l’Arve et faisait face au château de Pierre, sur la rive opposée. Centre d’une châtellenie du Faucigny dès 1265, le fief passe aux Genève-Lullin en 1429, puis à diverses familles nobles (Villiers, Bellegarde, Conzié) jusqu’à son abandon définitif au XVIIe siècle.

Aujourd’hui, les ruines — propriété privée en limite de la zone d’activités économiques de Reignier — témoignent de son importance stratégique médiévale. Le site, bien que recouvert par la végétation, conserve un plan reconnaissable. Son histoire reflète les luttes d’influence entre les maisons de Savoie, de Genève et de Faucigny, ainsi que les enjeux militaires liés au contrôle des axes entre Genève et le Chablais.

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