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Château de Cavagnac dans le Lot

Lot

Château de Cavagnac

    367 Route du Bourg Castral
    46110 Cavagnac

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
900
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
868
Première mention de Villa Cavaniacus
1180
Hommage à l’abbaye de Beaulieu
XIIe siècle
Construction de la tour romane
1351
Serment au vicomte de Turenne
XVIe siècle
Transformation en château Renaissance
1790
Extinction des Guiscard
milieu XVIIIe siècle
Ajout du corps de logis classique
2013
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Guillaume-Robert de Cavagnac - Seigneur de Cavagnac (XIIe siècle) Fondateur de la tour romane, vassal de Beaulieu.
Rigald de Cavagnac - Seigneur (XIVe siècle) Prête serment au vicomte de Turenne en 1351.
Bertrand de Guiscard - Nouveau seigneur (fin XIVe) Époux d’une héritière de Cavagnac, fondateur de la lignée.
Antoine de Guiscard - Seigneur (XVe–XVIe siècle) Dénombre ses fiefs au roi en 1504.
Jean-Pierre de Guiscard - Dernier baron de Thédirac (m. 1790) Extinction de la lignée masculine des Guiscard.
Marie-Madeleine de Guiscard - Héritière (XVIIIe siècle) Transmet le château aux Plas de Curemonte.
Gustave Desplaces - Ingénieur (1820–1869) Descendant des Plas, pionnier des chemins de fer.

Origine et histoire

Le château de Cavagnac trouve ses origines près d’une villa romaine nommée Villa Cavaniacus, attestée dès 868 dans les archives de l’abbaye de Beaulieu. La construction du château actuel débute au XIIe siècle sous l’impulsion de la famille Robert de Cavagnac, qui érige une haute tour dite « romane » ou « Sarrasine ». À cette époque, les seigneurs de Cavagnac relèvent de la suzeraineté des abbés de Beaulieu-sur-Dordogne, comme en témoigne l’hommage rendu par Guillaume-Robert de Cavagnac vers 1180. La seigneurie, partagée avec les vicomtes de Turenne, s’inscrit dans un réseau de fidélités complexes, incluant des droits funéraires à l’abbaye et des fiefs tenus des prieurs de Friac.

Au XIVe siècle, la seigneurie passe progressivement sous l’influence des vicomtes de Turenne, notamment après que Rigald de Cavagnac prête serment à Guillaume-Roger de Beaufort (neveu du pape Clément VI) en 1351. En 1365, Bertrand de Cavagnac, lieutenant du vicomte, joue un rôle clé dans la soumission de la région à Charles V. La transition vers la famille de Guiscard s’opère à la fin du XIVe siècle par le mariage de Bertrand de Guiscard avec une héritière de Cavagnac. Les Guiscard, originaires de Gagnac, détiennent alors la haute justice dans la vicomté et transforment le château au XVIe siècle, avant d’y ajouter un corps de logis monumental au XVIIIe siècle.

La Rvolution française marque un tournant violent pour le château : attaqué par des villageois, son blason familial est martelé, traces encore visibles aujourd’hui. La lignée masculine des Guiscard s’éteint en 1790 avec Jean-Pierre de Guiscard, baron de Thédirac. Le domaine passe ensuite à sa sœur, Marie-Madeleine de Guiscard, épouse du marquis de Plas de Curemonte, dont les descendants (branche des comtes Desplaces) en sont toujours propriétaires. Le château, inscrit aux monuments historiques en 2013, incarne ainsi près de neuf siècles d’histoire, des seigneurs féodaux aux ingénieurs des chemins de fer comme Gustave Desplaces (1820–1869), arrière-petit-fils des Plas.

L’architecture du château reflète cette évolution : la tour romane du XIIe siècle côtoie une façade classique du XVIIIe, inspirée des hôtels parisiens. Le site, occupé sans interruption par les Guiscard pendant cinq siècles, conserve aussi des liens avec des figures historiques comme Marie-Angélique de Scorailles de Roussille (1661–1681), favorite de Louis XIV, issue de la maison des Plas. Ces strates successives en font un témoignage rare de la noblesse quercynoise, entre pouvoir féodal, alliances matrimoniales et adaptations aux bouleversements politiques.

Liens externes