Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Château de Charentonneau à Maisons-Alfort dans le Val-de-Marne

Val-de-Marne

Château de Charentonneau


    94700 Maisons-Alfort
Château de Charentonneau
Château de Charentonneau
Château de Charentonneau
Château de Charentonneau
Château de Charentonneau
Château de Charentonneau
Château de Charentonneau
Château de Charentonneau
Château de Charentonneau
Château de Charentonneau
Château de Charentonneau
Château de Charentonneau
Château de Charentonneau
Château de Charentonneau
Château de Charentonneau
Château de Charentonneau
Château de Charentonneau
Château de Charentonneau
Château de Charentonneau
Château de Charentonneau
Crédit photo : Thesupermat - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1170-1180
Première mention du domaine
1281
Domaine de l’abbaye de Saint-Maur
1377
Acquisition par Charles V
1671
Rachat par René Gaillard
1793
Vente comme bien national
1808
Acquisition par le baron Rodier-Salièges
1929
Classement de l’orangerie
années 1950
Démolition du château
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Restes de l'orangerie : inscription par arrêté du 10 avril 1929

Personnages clés

Charles V - Roi de France Acheta une maison à Charentonneau en 1377
René Gaillard - Seigneur de Charentonneau Acheta le domaine en 1671
Jean Mathieu Philibert Sérurier - Maréchal d’Empire Propriétaire sous le Premier Empire
Baron Rodier-Salièges - Sénateur et propriétaire Acquiert le domaine en 1808
Albert Flamen - Peintre-graveur flamand Représenta le château en 1646

Origine et histoire

Le château de Charentonneau, aussi appelé château Gaillard, était une demeure seigneuriale construite entre les XVIIe et XVIIIe siècles sur le domaine de Charentonneau, à Maisons-Alfort (Val-de-Marne). Mentionné dès 1170 sous le nom Carentoniolo, ce fief médiéval appartenait initialement à l’abbaye de Saint-Maur. Au fil des siècles, il passa entre les mains de notables comme Nicolas Duru (1444), les familles Alligret (XVIe siècle) et Gaillard (à partir de 1671), qui lui donnèrent son nom alternatif. Le domaine, remanié à la fin du XVIIIe siècle, devint une propriété privée sous l’Empire, appartenant successivement au maréchal Sérurier et au baron Rodier-Salièges.

Au XIXe siècle, le château et son parc de 250 hectares furent morcelés et partiellement lotis, notamment par les familles Pastré et Delalain. En 1929, les vestiges de l’orangerie – deux murs à arcs en plein-cintre ornés de mascarons – furent inscrits à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Malgré cette protection, le château fut démoli dans les années 1950 pour laisser place à un lotissement de 704 logements, la Résidence du Château Gaillard. Aujourd’hui, seuls les murs de l’orangerie, visibles dans le parc privé, témoignent de ce patrimoine disparu.

L’architecture du château, décrite comme « pittoresque » au XVIIIe siècle, combinait un corps de logis en brique et pierre, une galerie ornée de statues mythologiques (Apollon, Flore), et une orangerie aux arcs vitrés. Le domaine comprenait aussi un moulin à eau du XVIIIe siècle, détruit après un incendie en 1883, ainsi qu’une ferme et des dépendances entourées de fossés. Les plans anciens révèlent un parc paysager avec îles sur la Marne, aujourd’hui intégrées au quartier moderne de Charentonneau.

Le toponyme Charentonneau trouve son origine dans une charte médiévale de 1170-1180, évoquant un domaine lié à l’abbaye de Saint-Maur. Au Moyen Âge, le fief abritait un manoir, un moulin banal et des terres agricoles, souvent disputées entre seigneurs locaux et religieux. La seigneurie, dotée d’une haute justice au XVIIIe siècle, fut un lieu de pouvoir jusqu’à la Révolution, où le château, confisqué comme bien d’émigré, fut vendu. Son déclin s’accéléra avec l’urbanisation du XXe siècle, effaçant presque toute trace de cette ancienne résidence aristocratique.

Les dernières traces cinématographiques du château apparaissent dans Archimède le clochard (1959), où Jean Gabin tourne des scènes parmi les ruines, entourées des nouvelles barres d’immeubles. Ce contraste entre patrimoine et modernité illustre la transformation radicale du site, aujourd’hui partagé entre copropriétés privées et espaces publics. Les archives et gravures anciennes, comme celle d’Albert Flamen (1646), restent les principaux témoignages de son faste passé.

Liens externes