Charte des franchises de Châtel 1307 (≈ 1307)
Octroi par Amédée II de Genève au bourg.
1313
Installation d’un péage
Installation d’un péage 1313 (≈ 1313)
Affermage du péage sur les Usses.
1316
Concession à Hugonin de Chastanea
Concession à Hugonin de Chastanea 1316 (≈ 1316)
Droit de pêche et nomination comme châtelain.
1393
Inféodation aux Verbouz
Inféodation aux Verbouz 1393 (≈ 1393)
Cession par le pape-comte Clément VII.
1575
Passage aux Varax
Passage aux Varax 1575 (≈ 1575)
Transmission par mariage de Catherine Bailland.
1792-1793
Vente comme bien national
Vente comme bien national 1792-1793 (≈ 1793)
Achat par Claude-François Bastian sous la Révolution.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
Amédée II de Genève - Comte de Genève
Octroie la charte de franchises en 1307.
Guillaume III de Genève - Comte de Genève
Concéda le droit de pêche en 1316.
Hugonin de Chastanea - Châtelain de Châtel
Premier châtelain mentionné, famille inféodée.
Clément VII - Pape-comte de Genève
Inféode la seigneurie aux Verbouz en 1393.
Jean Philibert de Varax - Comte de Châtel
Acquiert le château par mariage en 1559.
Jules Vuy - Jurisconsulte genevois
Étudia la charte de 1307 et les vestiges en 1866.
Origine et histoire
Le château de Châtel, mentionné dès 1307 sous le nom de tour de Châtel ou Châtel sur les Usses, était un édifice fortifié du début du XIVe siècle, probablement antérieur, appartenant aux comtes de Genève. Installé sur un promontoire dominant la rivière des Usses (rive droite) à Usinens, il contrôlait un gué, un pont et un péage (attesté en 1313), surveillant les routes entre Rumilly et le pont de Gresin. Le toponyme Châtel et ses variantes (Chatez, Chatetz) suggèrent la présence de plusieurs constructions fortifiées sur ce site, confirmée par des ruines mentionnées sur d’anciennes cartes sardes. Aujourd’hui, une ferme restaurée occupe son emplacement, près du pont de Châtel.
Le site avait une importance stratégique, liée à la surveillance de la rivière en coordination avec d’autres châteaux, comme la tour de Mons à Vanzy. Centre d’une seigneurie et d’une châtellenie comtale au XIVe siècle, il était géré par un châtelain nommé par le comte, chargé de percevoir les revenus fiscaux et d’entretenir la forteresse. Le bourg adjacent, doté de franchises en 1307 par Amédée II de Genève, disparut au cours du même siècle. Les archives révèlent des comptes de châtellenie pour 1325 et 1551, intégrant Châtel au bailliage du Chablais après son rattachement à la Savoie.
La seigneurie changea plusieurs fois de mains : inféodée aux Chastanea (ou Chatanea) en 1316, puis à la famille de Verbouz en 1393 par le pape-comte Clément VII, elle passa aux Varax en 1575 par mariage. Ces derniers, titrés comtes de Châtel, en restèrent propriétaires jusqu’à la Révolution. En 1598, le château était définitivement aux mains des Varax. Sous la Révolution, les ruines furent acquises comme bien national par Claude-François Bastian, puis par le généalogiste Jean-John Baud au XIXe siècle.
Les descriptions architecturales proviennent de sources du XIXe siècle : en 1866, Jules Vuy nota les vestiges d’une tour ronde (dite turris comitalis) dans la cour de la ferme actuelle. Paul Henri Dufournet, en 1974, reconstitua un plan du site d’après le cadastre de 1730, révélant un ensemble fortifié avec écuries, potager et abeiller. Des témoignages locaux évoquaient des murailles épaisses (8 à 10 pieds) autour du château, s’étendant jusqu’à 15 minutes de distance, suggérant l’étendue de l’ancien bourg disparu.
La châtellenie de Châtel, relevant directement du comte de Genève, était un mandement (ou mandamentum) aux pouvoirs étendus : gestion fiscale, justice, et entretien militaire. Les comptes de 1325 et 1551, conservés aux Archives départementales de Haute-Savoie, mentionnent les châtelains d’Arlod et de la Tour du Châtel, soulignant son rôle dans l’administration comtale. Après le XIVe siècle, la seigneurie fut intégrée à l’apanage du Genevois sous les Savoie, marquant son déclin progressif jusqu’à sa transformation en exploitation agricole.
Aujourd’hui, le site ne conserve que des traces épars : la ferme actuelle, dite château de Châtel, et le pont voisin perpétuent son toponyme. Les études historiques (Vuy, Dufournet, Avezou) et les archives (chartes de 1307, 1316, comptes de châtellenie) restent les principales sources pour reconstituer son histoire, liée aux dynamiques politiques entre Genève, la Savoie, et les familles nobles locales (Verbouz, Varax).
Avis
Veuillez vous connecter pour poster un avis