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Château de Chellé en Mayenne

Mayenne

Château de Chellé

    90 Chemin de la Forge
    53160 Hambers

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
600
700
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
616
Testament de Bertrand du Mans
Xe siècle
Don à l’abbaye d’Évron
XIIe siècle
Construction de l’église Saint-Marc
1458
Aveu seigneurial
1459
Conflit juridique
1478
Reconnaissance des droits d’usage
XVe siècle
Reconstruction du château ogival
1615
Château en ruine
1771
Vente du domaine
2010
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Inscrit MH

Personnages clés

Bertrand du Mans - Évêque du Mans Lègue Chellé en 616 à son église.
Marguerite Machefer - Seigneuresse de Chellé Rebâtit château et chapelle au XVe siècle.
René d’Alençon - Duc d’Alençon Reconnaît droits d’usage en 1478.
Éléonor de Bouillé - Chevalier et prieur Seigneur de Chellé à l’époque moderne.

Origine et histoire

Le château de Chellé, implanté à Hambers dans la Mayenne, est un site médiéval majeur dont les origines remontent au moins au XIIe siècle. Les vestiges actuels incluent une motte potentiellement originale, les ruines d’un château ogival du XVe siècle entouré de douves, ainsi qu’une chapelle castrale dédiée à la Vierge Marie. Le domaine était stratégiquement défendu par des fossés et des étangs, permettant d’inonder les alentours en cas de siège. Une porterie du XIIe siècle, considérée comme la plus ancienne maison du département, marquait l’entrée du château, déjà en ruine dès le XVIe siècle.

Le site de Chellé recèle des traces d’occupation bien plus anciennes, avec la découverte d’un réseau dense de voies gauloises et de matériel lithique, faisant de lui l’un des plus anciens lieux habités de l’Ouest de la France. Une stèle gauloise, toujours visible dans la cour du château, atteste de cette occupation précoce. À proximité, la voie romaine reliant Le Mans à Jublains passe à un kilomètre au sud du village. Le domaine, mentionné dans le testament de l’évêque Bertrand du Mans en 616, fut plus tard attribué au Xe siècle à l’abbaye d’Évron par le comte de Blois, avant de revenir à des mains laïques avant le XIIIe siècle.

Au Moyen Âge, Chellé était une terre seigneuriale puissante, vassale de la baronnie de Sillé, dotée de droits de haute, moyenne et basse justice. Les seigneurs, comme Marguerite Machefer au XVe siècle, y firent édifier une chapelle castrale et un moulin à vent dont les murs subsistent encore. Le domaine comprenait également des étangs, des landes (comme celle de Mongouin, de 200 journaux), et des forêts exploitées par les habitants pour le pacage et le bois de chauffage, contre une redevance en avoine. Les vestiges actuels incluent aussi les ruines d’un moulin à eau et des pierres finement taillées dans la chapelle.

L’église Saint-Marc, partiellement détruite, conserve son chœur roman du XIIe siècle, avec un chevet carré et des fenêtres ogivales. Une Vierge en tuffeau du XIIIe siècle, ainsi qu’un vitrail disparu représentant un personnage auréolé, témoignent de son riche passé religieux. Une chapellenie de Notre-Dame, fondée à une date inconnue, y était active jusqu’aux années 1970, avec une messe annuelle le 25 avril. Le château, classé monument historique en 2010, illustre l’évolution d’un site seigneurial depuis l’Antiquité jusqu’à l’époque moderne.

Les archives mentionnent des conflits juridiques, comme en 1459, lorsque le seigneur de Chellé fut cité aux assises du Mans pour avoir « levé un homme mort » de son étang sans appeler la justice. René d’Alençon, duc d’Alençon, confirma en 1478 les droits d’usage des habitants dans les forêts et landes voisines. Le domaine, vendu en 1771 avec le Rocher de Mézangers, comprenait alors des terres, des moulins, et des droits seigneuriaux sur Hambers et ses alentours. Les seigneurs de Chellé, comme Éléonor de Bouillé, prieur de Torcé, portaient ce titre jusqu’à l’époque moderne.

Liens externes