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Château de Crèvecœur dans le Cantal

Château de Crèvecœur

    2 Route Imperiale
    15140 Saint-Martin-Valmeroux

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
2000
1269
Première mention écrite
1274
Conflit à Aurillac
1287
Assises à Saint-Martin-Valmeroux
1294-1295
Prison opérationnelle
1564
Transfert du bailliage
1580
Installation définitive à Salers
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Alphonse de Poitiers - Comte de Toulouse et d'Auvergne Cité dans la première mention du château (1269).
Jean de Trie - Bailli royal Rendit des comptes financiers en 1293.
Guillaume des Achilloux - Bailli des Montagnes Auteur d'une sentence en dialecte local.
Pierre de Roquemaurel - Capitaine-gouverneur (1516) Effectua des réparations sommaires.
Bernard de Saint-Mamet - Prisonnier célèbre Banni par le roi.
Jean Chevalier - Bailli et noble Convoqua la noblesse en 1503.

Origine et histoire

Le château de Crèvecœur, édifié au XIIIe siècle sur la rive gauche de la Maronne, fut un château royal et siège du bailliage des Montagnes d'Auvergne. Il servait de prison pour les malfaiteurs capturés dans les montagnes, qui y étaient jugés puis exécutés sur un rocher voisin, surnommé « roc des pendus ». Son nom apparaît pour la première fois en 1269 dans une lettre d'Alphonse de Poitiers, comte de Toulouse et d'Auvergne, sous l'appellation Castrum Crépicordis. Ce site incarnait l'autorité royale dans une région alors marquée par le brigandage et l'insécurité.

Le bailliage des Montagnes d'Auvergne, initialement installé à Aurillac en 1274, fut déplacé à Saint-Martin-Valmeroux en 1287 après des tensions avec l'abbé local. Le château de Crèvecœur, encore en construction, devint le lieu des audiences hebdomadaires à partir de 1295, abritant prisonniers et sergents. Il symbolisait la lutte contre les bandits qui rançonnaient les populations et pillaient les troupeaux, dans une région isolée et difficile à contrôler. Les comptes rendus financiers des baillis, comme ceux de Jean de Trie en 1293, révèlent les dépenses liées à son entretien et à la justice royale.

En 1564, après des décennies de conflits avec les habitants de Saint-Martin-Valmeroux, le siège du bailliage quitta Crèvecœur pour s'installer dans le bourg, puis fut transféré à Salers en 1580, où il resta jusqu'à la Révolution. Malgré son déclin, le château conserva un prestige local : le poste de capitaine-gouverneur, bien que mal rémunéré, fut convoité par la noblesse régionale jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. Des figures comme Pierre de Roquemaurel (1516) ou Annet de Scorailles (1750) y exercèrent cette fonction, dans un bâtiment de plus en plus délabré.

Parmi les prisonniers célèbres, Bernard de Saint-Mamet fut banni, tandis que Seguret de Maleyre et Falconnet de Valle furent pendus. Le château illustre ainsi la rigueur de la justice médiévale, où les peines capitales étaient exécutées publiquement pour dissuader les crimes. Les archives mentionnent aussi des baillis marquants, comme Guillaume des Achilloux, auteur d'une sentence en dialecte local, ou Jean Chevalier, qui convoqua la noblesse d'Auvergne en 1503. Ces documents témoignent de l'importance administrative et symbolique de Crèvecœur dans l'histoire judiciaire de la région.

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