Première mention du château XIIIe siècle (vers 1250) (≈ 1350)
Qualifié de « neuf », propriété d’Érard de Brienne.
1435
Défortification ordonnée
Défortification ordonnée 1435 (≈ 1435)
Sur ordre de Charles VII après expulsion des Anglais.
Début XVIe siècle
Acquisition par les Leclerc
Acquisition par les Leclerc Début XVIe siècle (≈ 1604)
François Leclerc relève le nom de Fleurigny.
1889
Classement de la chapelle
Classement de la chapelle 1889 (≈ 1889)
Première protection au titre des Monuments Historiques.
1930
Classement du château
Classement du château 1930 (≈ 1930)
Protection incluant parc et poterne (hors aile ouest).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle : classement par liste de 1889 ; Le château avec sa poterne d'entrée et son parc (à l'exception de l'aile occidentale) : classement par arrêté du 26 avril 1930
Personnages clés
Érard de Brienne - Sire de Ramerupt et premier propriétaire connu
Vend la suzeraineté aux Hospitaliers après 1250.
Robinet de Florigny - Chambellan du duc de Bourgogne
Transmet le château à son frère Philippe.
François Leclerc - Nouveau seigneur au XVIe siècle
Reconstruit la façade Renaissance et la chapelle.
Pierre Lescot - Architecte influent (parent des Leclerc)
Intervient au château voisin de Vallery.
Jeanne de Fleurigny - Dernière héritière du nom
Vend le château aux Leclerc vers 1500.
Origine et histoire
Le château de Fleurigny, mentionné dès le XIIIe siècle comme « neuf », est initialement la propriété d’Érard de Brienne, sire de Ramerupt, qui tente sans succès de s’emparer du comté de Champagne. Après sa défaite, il cède la suzeraineté de Fleurigny aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, liant ainsi le fief à la commanderie de Launay. Ce château, bâti sur une île et entouré d’eau, devient un enjeu stratégique dans la région du Sénonais, avant d’être défortifié sur ordre de Charles VII en 1435 pour éliminer les positions anglaises.
Au XIVe siècle, le château passe à la famille de Fleurigny, vassale des Brienne, puis à Robinet de Florigny, chambellan du duc de Bourgogne. Sans héritier, il le lègue à son frère Philippe, proche du duc Louis d’Orléans. La famille Leclerc, qui acquiert le domaine au XVIe siècle, entreprend d’importantes transformations : abattage du mur sud pour une façade Renaissance, construction d’une chapelle ornée de vitraux anciens et de plaques tombales pré-révolutionnaires. Pierre Lescot, célèbre architecte et parent des Leclerc, aurait influencé ces travaux.
Sous la monarchie de Juillet, le dernier Leclerc de Fleurigny ajoute une aile de style anglais et intègre la porte fortifiée de la commanderie de Launay dans son parc, inversant son blason. La chapelle, classée dès 1889, et le château en 1930, abritent des trésors comme un sarcophage mérovingien découvert sur le domaine. Le site, mêlant héritages médiéval, Renaissance et anglais, témoigne de sept siècles d’histoire noble et religieuse.
Le parc, structuré autour d’un étang et d’un potager circulaire, inclut aussi une ancienne ferme seigneuriale convertie en centre équestre, une chapelle sépulcrale du XIXe siècle, et les écuries. À l’intérieur, la « salle des gardes » conserve une cheminée monumentale ayant impressionné les enquêteurs de l’Ordre de Malte au XVIIe siècle, tandis qu’un cabinet peint illustre la vie castrale. Ces éléments reflètent l’opulence d’une domesticité nombreuse, au service des seigneurs jusqu’à la Révolution.
L’architecture du château, en arc du nord-ouest au nord-est, combine un parement extérieur en grès et une cour intérieure en briques, typique de la Renaissance. La chapelle, joyau du Sénonais, allie décoration exubérante et vitraux anciens, tandis que le sarcophage mérovingien, relégué dans son grenier, rappelle les origines haut-médiévales du site. Ces contrastes stylistiques soulignent les strates historiques du monument, des Mérovingiens aux Leclerc.
Classé Monument Historique, le château de Fleurigny incarne les mutations d’un fief médiéval en résidence aristocratique, marqué par les alliances politiques (Brienne, Bourgogne, Orléans) et les influences artistiques (Renaissance, anglais). Son parc, ses dépendances et ses décors intérieurs en font un témoignage exceptionnel de la vie seigneuriale en Bourgogne, de la guerre de Cent Ans à la Révolution.
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