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Château de Frescaty en Moselle

Château de Frescaty

    41 Rue de la Chapelle
    57000 Metz

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1710-1714
Construction du château
1728
Séjour de Marie Leszczynska
1786
Vente du château
1793
Incendie et destruction
1829
Reconstruction modeste
1870
Capitulation française
1945
Destruction définitive
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Henri-Charles de Coislin - Évêque de Metz et commanditaire Fonda le château et ses jardins (1710-1714).
Marie Leszczynska - Future reine de France Séjourna au château en 1728.
Claude Charles de Rouvroy de Saint-Simon - Évêque de Metz (1733-1760) Successeur de Coislin au château.
Louis-Joseph de Montmorency-Laval - Dernier évêque propriétaire Vendit le château en 1786.
Famille Bouchotte - Propriétaires au XIXe siècle Reconstruisit un château en 1829.

Origine et histoire

Le château de Frescaty, aussi appelé château des évêques de Metz, fut édifié au début du XVIIIe siècle (vers 1710-1714) sur la commune de Moulins-lès-Metz, près de Metz. Commandé par l’évêque Henri-Charles de Coislin, il s’inspirait des villas italiennes comme la Villa Aldobrandini de Frascati, d’où son nom. Ses jardins, comparés à ceux de Versailles pour leur richesse en eaux, bassins et sculptures, en firent un lieu de prestige. Le château servait de résidence estivale, avec une bibliothèque de 12 000 volumes et une collection de tableaux, dont un attribué à Léonard de Vinci.

Le domaine connut son apogée entre 1712 et 1732 sous Coislin, accueillant des personnalités comme Marie Leszczynska (future reine de France) en 1728. Après sa mort, le château passa à Claude de Saint-Simon (1733-1760), puis à Louis Montmorency-Laval, qui le vendit en 1786. La Révolution française scella son déclin : vendu à un maçon, il fut partiellement démantelé pour ses pierres, et un incendie en 1793 acheva sa destruction. Les dépendances servirent d’hôpital militaire pendant deux ans.

Au XIXe siècle, la famille Bouchotte construisit un second château sur les ruines du premier, utilisant les pierres restantes. Ce nouveau bâtiment fut le lieu de la capitulation française en 1870. Au XXe siècle, le site devint une base aérienne allemande (dès 1909), puis française (Base Aérienne 128), après sa destruction presque totale en 1945. Aujourd’hui disparu, son tracé peut encore être superposé au paysage actuel, révélant la conservation partielle des jardins hauts et du grand canal.

Les jardins de Frescaty, conçus pour mettre en valeur la vue sur Metz et la Moselle, étaient organisés en terrasses, bassins et allées théâtrales. Les gravures de Le Rouge et les plans de Robert de Cotte permettent une restitution fidèle de leur splendeur. Le parterre nord, inspiré de Marly, et les terrasses sud avec leur bassin circulaire offraient des perspectives grandioses. Le château lui-même, modeste en taille, était dédié aux réceptions estivales, avec des salles richement décorées, comme la 'chambre des étrangers' abritant un portrait royal estimé à 3 000 livres.

L’architecture du château reflétait le style du début du XVIIIe siècle, similaire à celui d’Orly, avec une façade principale de seize fenêtres et un perron en marbre de Vérone. Les jardins, conçus sur un site plat avec une vue dégagée vers le nord, intégraient des éléments naturels comme le coteau de Fristo. Leur aménagement visait à créer un dialogue entre art et paysage, avec des jeux d’eau, des statues (dont certaines subsistent dans des propriétés privées) et des perspectives calculées pour sublimer la campagne environnante.

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