Origine et histoire du Château de Galinières
L'ancienne grange monastique dite château de Galinières est une grange fortifiée située à Pierrefiche (Aveyron), dominant les méandres de la vallée de la Serre. Elle dépendait de l'abbaye cistercienne de Bonneval et s'est constituée à partir de donations de familles nobles et des évêques de Rodez entre 1163 et 1181 ; le nom du lieu apparaît dès 1163 et une première mention d'une grange figure dans un acte de 1168. L'abbé y nommait un maître de grange pour diriger des convers, et Galinières devint rapidement la plus importante des quinze granges de l'abbaye. En 1184, le pape Luce III prit la grange sous sa protection et, au cours des siècles suivants, elle connut plusieurs évolutions juridiques et architecturales. La fortification commence en 1371 avec la construction d'un donjon-tour-grenier de plan carré, et les travaux se poursuivent jusqu'au XVe siècle, période à laquelle le logis sert de résidence aux abbés. La chambre dite de l'Abbé, au deuxième étage du donjon, conserve un décor peint figurant des sarments de vigne, et les armoiries de l'abbé Jean Géraud y ont été relevées. Plusieurs abbés — dont Jean Géraud, puis Pierre Rigald — entreprennent des aménagements, tandis que des actes relatifs à la protection et à l'hommage se succèdent aux XIVe et XVe siècles. La chapelle, mentionnée en 1322 et dotée d'une chapellenie dédiée à saint Blaise, montre que Galinières servait aussi de lieu de séjour pour les abbés. Au XVIe siècle et lors des guerres de Religion, le site subit des attaques : en 1585 il est pillé par une bande huguenote et, le 12 février 1588, une troupe nombreuse s'empare de la forteresse, la mettant en partie en ruines. Au début du XVIIe siècle, l'abbé Géraud de Noygues met les granges en fermage à partir de 1622 et le château cesse d'être le logement des abbés ; la ferme est ensuite louée, notamment en 1662, et le fermage se poursuit au XVIIIe siècle. Vendu comme bien national le 31 janvier 1791 pour 411 910 livres à un prête-nom, le domaine est morcelé en huit lots et le château est acquis par des familles aisées et des notables aveyronnais. Aux XIXe et XXe siècles, le monument subit plusieurs dommages et transformations : la cloche de la chapelle est vendue en 1834, le toit de la tour maîtresse est refait vers 1905, et des incendies détruisent des bâtiments et des archives au début du XXe siècle. Le Tinelet, bâti en 1669, est ravagé par un incendie en 1921, une partie de la basse-cour tombe alors en ruine, et un incendie supplémentaire survient en 1928. Les éléments les plus anciens sont inscrits à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le 13 février 1928 ; le donjon (façades et toitures) est classé le 26 février 1988 et est ouvert à la visite depuis 1992 ; l'ensemble formé par l'ancien logis du garde-bois, l'ancienne bergerie et l'aire de battage est inscrit le 26 mai 1999. En 1982, une partie de la propriété et le donjon ont été achetés par Annie et Yves-Olivier Denoual, qui ont mené d'importantes restaurations, tandis que la famille Baldit conserve le corps de logis, la chapelle et la bergerie. Une campagne de restauration a porté sur la tour maîtresse et la partie ruinée du logis entre 1994 et 2001. Sur le plan architectural, l'ensemble comprend, outre le donjon commencé en 1371, une basse-cour où s'adosse l'ancien logis du garde-bois reconnaissable à sa porte en arc brisé, sa fenêtre gothique et ses baies à coussièges, une bergerie à arcs diaphragmes, des fontaines, des maisons pour le personnel et une aire de battage datée de la fin du XVIe ou du début du XVIIe siècle.