Origine et histoire du Château de la Bachasse
Le château de la Bachasse est situé sur les hauteurs de Sainte-Foy-lès-Lyon, face à la rivière Yzeron. Son nom évoque une ancienne mare (ou bachasse) creusée dans la cour de la ferme originelle. Le domaine, mentionné dès le XVIIIe siècle, appartenait en 1732 à Pierre Giry, chevalier et baron de Vaux, puis en 1784 à Antoine Héris, bourgeois lyonnais. Ces terres reflètent l’influence des élites locales liées à l’industrie de la soie, secteur économique majeur de Lyon à cette époque.
Au XIXe siècle, le domaine change de mains à plusieurs reprises dans le milieu des soyeux lyonnais. En 1831, Jean-Baptiste Gerbes de Tours, négociant en soie, acquiert les lieux. Son gendre, Antoine Alexandre Giraud, épouse en 1827 Pauline Gerbes de Tours et décide, vers le milieu du siècle, de construire le château actuel. Les travaux, menés entre 1880 et 1890 par les architectes Turbet et Alexis Tissot, donnent naissance à un édifice rectangulaire flanqué de pavillons carrés, typique de l’architecture éclectique bourgeoise de l’époque.
Le château reste dans la famille Giraud jusqu’en 1947, date à laquelle Noémie Giraud, veuve d’Henri Mathei de Valfons, le vend à la SNCF. En 1986, le domaine (hors château) est confié au comité d’entreprise régional de la SNCF, puis en 1998, la gestion du château est transférée à l’AGEFOREL. Aujourd’hui, le site accueille des événements et une brocante annuelle, tout en restant accessible aux cheminots. Le parc boisé de 8,2 hectares et l’architecture préservée (escalier en fer forgé, façades) témoignent de son passé aristocratique et industriel.
Le château actuel, de style néoclassique, remplace une ancienne maison de maître dont les ruines furent démolies en 1965. Son perron à double volée, ses toitures en ardoise et ses lucarnes illustrent le faste des résidences bourgeoises lyonnaises du XIXe siècle. Certains éléments, comme le portail sur rue et l’escalier, sont protégés au titre des Monuments Historiques depuis 1982.
Le domaine s’inscrit dans l’histoire économique de Lyon, liée à la soie, et dans celle des transformations sociales du XIXe siècle, où la bourgeoisie industrielle marque le paysage par des résidences somptueuses. La SNCF, en devenant propriétaire, a préservé ce patrimoine tout en lui donnant une vocation sociale et événementielle.