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Château de la Balme de Montbrun en Ardèche

Ardèche

Château de la Balme de Montbrun

    1105 Route des Balmes
    07580 Saint-Gineis-en-Coiron

Frise chronologique

Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
500 av. J.-C.
400 av. J.-C.
0
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
Ve siècle av. J.-C.
Oppidum du Cheylard
Début XIe siècle
Construction du château
1160
Franchise de taxe
1206
Alleu ecclésiastique
1210
Fief des de Balma
1536
Chapelle Sainte-Catherine
1775
Étude géologique
Fin XIXe - début XXe siècle
Abandon définitif
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Famille de La Balme - Seigneurs fondateurs Constructeurs du château au XIe siècle.
Raymond (évêque de Viviers) - Autorité ecclésiastique Accorde une franchise en 1160.
Barthélemy Faujas de Saint-Fond - Géologue Étudie le site en 1775.
Baron de l'Estrange - Commanditaire Fait construire la chapelle en 1536.

Origine et histoire

Les Balmes de Montbrun sont un site troglodytique médiéval implanté sur le plateau volcanique du Coiron, en Ardèche. Ce lieu allie un intérêt historique, géologique et architectural, avec des habitations creusées dans des falaises de tuf volcanique. Le terme « Balme », d’origine occitane, désigne une grotte, tandis que « Montbrun » évoque l’origine volcanique du site, autrefois appelé « Montbrul » en raison de son sol brûlant.

Le château, construit probablement dès le XIe siècle par la famille de La Balme, domine un bourg troglodyte de trente grottes-habitats, certaines à deux étages. Les premières mentions écrites datent de 1160, lorsque l’évêque de Viviers accorde une franchise de taxe aux habitants. En 1206, le castrum devient un alleu de l’église de Viviers, puis un fief concédé à la famille de Balma en 1210. Le site, refuge pendant les guerres de religion, décline à partir du XVIe siècle, avant d’être définitivement abandonné au début du XXe siècle.

La chapelle Sainte-Catherine, érigée en 1536 par le baron de l'Estrange, se distingue par son architecture troglodyte et son sol en terre battue. Elle abritait autrefois une statue de Sainte-Reine, sculptée dans du bois de cerisier par un berger local, réputée pour apaiser les enfants. Le site, étudié par le géologue Barthélemy Faujas de Saint-Fond en 1775, révèle des traces d’occupation dès le Ve siècle av. J.-C., avec un oppidum voisin au Cheylard.

Géologiquement, le site offre des formations volcaniques remarquables : coulées basaltiques, scories, bombes volcaniques et cristaux comme l’augite ou l’olivine. Les falaises, hautes de 30 à 50 mètres, sont composées de tufs compacts où furent taillées les habitations. L’activité volcanique, intense il y a 8 millions d’années, a façonné ce paysage unique, avec des traces de socle granitique et gneissique.

Le village troglodyte, organisé autour du château, comptait une cinquantaine de grottes à son apogée. Des aménagements en bois (poutres, escaliers) et des structures comme un four troglodyte témoignent de la vie quotidienne. Les terrasses agricoles au pied des falaises cultivaient fruits et légumes. Aujourd’hui, la flore sauvage (orchidées, fraisiers) et une faune spécifique (chauves-souris, papillons) ont repris possession des lieux.

L’accès au site, libre et gratuit, se fait par des sentiers de randonnée depuis Saint-Gineis-en-Coiron ou Saint-Jean-le-Centenier. Bien que certaines grottes soient aujourd’hui inaccessibles en raison d’effondrements, un point de vue permet d’imaginer l’ancienne organisation du village. Le site, classé pour son patrimoine médiéval et géologique, reste un témoignage rare de l’adaptation humaine à un environnement volcanique.

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