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Château de la Balme en Haute-Savoie

Haute-Savoie

Château de la Balme

    13 Chemin de la Montagne
    74330 La Balme-de-Sillingy

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1800
1900
2000
1279
Première mention écrite
1306
Testament d’Amédée II
1370
Incendie majeur
1401
Passage à la Savoie
1417
Intégration domaine savoyard
XVIIe–XVIIIe siècles
Ruine définitive
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Aymon II de Genève - Comte de Genève Mentionne le château en 1279.
Amédée II de Genève - Comte de Genève Y rédige son testament en 1306.
Amédée III de Genève - Comte de Genève Teste au château en 1360.
Robert de Genève - Comte puis antipape Séjourne au château en 1369.
Colette de Corbie - Sainte et réformatrice Y séjourne entre 1407 et 1409.
Mathilde d'Auvergne - Comtesse douairière Détient le château jusqu’en 1417.

Origine et histoire

Le château de la Balme, aussi appelé château de la Balme de Sillingy ou anciennement château de Cosengier, était une maison forte édifiée entre les XIVe et XVIe siècles. Situé dans l’ancien comté de Genève, il faisait partie d’un réseau défensif incluant les châteaux de La Bâtie et la maison forte de Dalmaz, contrôlant les voies entre Annecy, Genève et le Rhône. Son emplacement stratégique, au pied de la montagne de la Mandallaz, lui permettait de surveiller un carrefour routier majeur.

La première mention du château remonte à 1279, dans un contrat de mariage du comte de Genève Aymon II. Il servit de résidence comtale jusqu’au XIVe siècle, avant de passer sous domination savoyarde en 1401. Un incendie en 1370 endommagea gravement la structure, nécessitant des réparations majeures, dont la toiture refaite avec 10 000 bardeaux. Le château abritait une chapelle et jouait un rôle administratif en tant que siège d’une châtellenie unie à celle de La Bâtie.

Au XVe siècle, le château fut progressivement abandonné par les comtes de Savoie au profit d’autres résidences comme Annecy ou Duingt. Malgré son déclin, il conserva une fonction de prison et de centre administratif jusqu’à sa ruine totale aux XVIIe–XVIIIe siècles. Les vestiges disparurent presque entièrement, laissant place à des constructions modernes comme une halte garderie. Aujourd’hui, seul le toponyme et des archives rappellent son existence.

Le château était associé à deux autres sites défensifs : la maison forte de Dalmaz, encore partiellement debout, et le château de La Bâtie, détruit par les Bernois au XVIe siècle. Ces trois édifices formaient un système cohérent pour contrôler les accès entre la Savoie, Genève et le Rhône. La châtellenie de La Balme, relevant directement des comtes de Genève puis de Savoie, gérait les revenus fiscaux et l’entretien des fortifications.

Parmi les personnages marquants liés au château, on compte le comte Amédée III de Genève, qui y rédigea son testament en 1360, et Robert de Genève, qui y séjourna en 1369. Le site accueillit aussi brièvement la future sainte Colette de Corbie entre 1407 et 1409. À partir du XVIIe siècle, les seigneurs de Reydet de Choisy, puis les Genevois-Nemours, en devinrent propriétaires, mais sans restaurer l’édifice, déjà en ruines.

Les fouilles et archives révèlent un château modeste pour l’époque : une maison forte plutôt qu’une forteresse, avec une toiture en bardeaux et tuiles, et des murs flanqués de tours. Son déclin s’explique par son remplacement par des châteaux plus stratégiques et par l’évolution des techniques militaires. Les habitants locaux, oubliant son histoire, le surnommèrent plus tard le « château des fées ».

Liens externes