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Château de la Lande à Niafles en Mayenne

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château
Mayenne

Château de la Lande à Niafles

    Route de Craon
    53400 Niafles
Propriété privée

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1560
Occupation par le duc de Montpensier
1589
Prise par les huguenots
1697
Description de la maison seigneuriale
1732
Attestation du château de la Lande
1825
Acquisition par Michel Seguin
1987
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château ; chapelle et son retable (en tant qu'immeuble par destination) ainsi que le parc d'accompagnement (cad. ZD 2) : inscription par arrêté du 21 décembre 1987

Personnages clés

Duc de Montpensier - Noble militaire Installa une garnison en 1560
Capitaine Goulay - Chef huguenot Prend le château en 1589
Louis-André de Lantivy - Dernier seigneur notable Époux de Charlotte de Montecler, XVIIIe siècle
Michel Seguin - Maire et propriétaire Acheteur en 1825, modernise le domaine
Daniel Daudier - Agronome distingué Développe une exploitation agricole modèle
Nicolas de la Chesnaie - Seigneur contestataire Conflit pour un moulin en 1543

Origine et histoire

Le château de la Lande, situé à Niafles dans le Sud-Mayenne, est un monument des XVIIe et XVIIIe siècles, construit sur des fondations plus anciennes. En 1697, il est décrit comme une « maison seigneuriale faite à murailles » avec une chapelle donnant sur une cour dotée d’un grand portail surmonté d’un pigeonnier. Les douves, aujourd’hui asséchées, et les fondations d’une grosse tour rappellent son passé défensif. Le logis actuel, reconstruit au XVIIIe siècle, était entouré de jardins et d’une allée de hêtres séculaires menant à la route de Saint-Aignan à Craon.

Le château a joué un rôle militaire durant les guerres de Religion : en 1560, le duc de Montpensier y installa une garnison, et en 1589, le capitaine Goulay s’en empara pour les huguenots, en faisant une place forte protestante. La chapelle, avec son retable, a été inscrite aux monuments historiques en 1987. Le domaine, transformé en exploitation agricole modèle au XIXe siècle par Daniel Daudier, reflète aussi l’évolution des usages seigneuriaux vers une vocation agricole et paysagère.

La seigneurie de la Lande a appartenu à plusieurs familles influentes, dont les de la Chesnaie (XIVe–XVIIe siècles), marquées par des conflits avec la baronnie de Craon, notamment pour l’érection d’un moulin à vent en 1543. Au XVIIIe siècle, les Lantivy, comme Louis-André de Lantivy, épousant Charlotte Hyacinthe Josèphe de Montecler, en furent les derniers seigneurs avant son acquisition en 1825 par Michel Seguin, maire de Château-Gontier. Le site illustre ainsi les transitions entre pouvoir féodal, conflits religieux et modernisation agricole.

Architecturalement, le château mêle des éléments défensifs disparus (douves, tour) à un logis du XVIIIe siècle, typique des résidences seigneuriales angevines. Son parc, structuré par des allées et des futaies, témoigne d’un aménagement paysager soigné, tandis que la chapelle, toujours debout, conserve un retable protégé. Les sources historiques, comme le Dictionnaire de la Mayenne (Angot, 1900–1910), soulignent son importance locale dans le Craonnais, entre Anjou et Maine.

Les archives mentionnent aussi des tensions juridiques, comme en 1511, quand Jean de la Chesnaie fut condamné pour « excès » sur un villageois, ou en 1547, lorsque Nicolas de la Chesnaie dut démanteler son moulin sous la pression de la dame de Craon. Ces épisodes révèlent les rapports de force entre seigneurs locaux et autorité baronniale, caractéristiques de l’Ancien Régime en Mayenne.

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