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Château de la Motte à Mazerier dans l'Allier

Allier

Château de la Motte


    03800 Mazerier

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
Xe siècle
Origine présumée de la motte castrale
XIVe siècle
Construction de la maison forte
1631
Vente aux Trellet
1774
Mariage de Marie Françoise Barton
1794
Destructions révolutionnaires
1844
Vente à Auguste Gaubert
19 avril 2021
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le château de la Motte en totalité, avec son parc et ses clôtures, son allée d’accès et ses communs, situé 8 chemin des Grands-Champs, sur la parcelle n°55, figurant au cadastre section AB : inscription par arrêté du 19 avril 2021

Personnages clés

Antoine Coëffier de Ruzé d'Effiat - Maréchal de France Membre illustre de la famille Coëffier.
Gaspard Amable de La Porte d'Issertieux - Dernier seigneur avant 1789 Propriétaire pendant la Révolution.
Amador de La Porte - Ancien grenadier de la Garde impériale Vend le château en 1844.
Auguste Gaubert - Greffier et juge à Riom Transforme le château au XIXe siècle.
Honoré Vianne - Architecte à Gannat Conçoit les extensions néogothiques.
Antoine Cariol - Commissaire révolutionnaire Ordone les destructions en 1794.

Origine et histoire

Le château de la Motte-Mazerier, situé à Mazerier près de Gannat dans l’Allier, trouve ses origines au Xe siècle avec une motte castrale primitive. Les vestiges actuels, dont les douves partielles, datent cependant du XIVe siècle, lorsque fut édifiée la maison forte encore visible. Ce bâtiment carré, flanqué d’une tour d’escalier ronde, illustre l’architecture défensive bourbonnaise de l’époque, avec ses trois niveaux et sa toiture en pavillon. La seigneurie, souvent transmise entre familles, passa notamment aux Coëffier au XVIe siècle, liés à la noblesse locale comme Antoine Coëffier de Ruzé d'Effiat, maréchal de France.

Au XVIIIe siècle, le château appartint à Jean Baptiste François Barton de Montbas, dont la fille, Marie Françoise, l’apporta en dot à Gaspard Amable de La Porte d’Issertieux en 1774. Ce dernier, dernier seigneur avant la Révolution, échappa à la confiscation grâce à sa non-émigration. Pendant la Terreur, le commissaire Antoine Cariol fit détruire le comble de la tour et bûcher les écussons (1794), mais la propriété resta dans la famille. Au XIXe siècle, le fils de Gaspard, Amador de La Porte – ancien grenadier de la Garde impériale devenu aveugle –, vendit le château en 1844 avant de s’exiler à Alger.

L’acquéreur, Auguste Gaubert, greffier puis juge à Riom, entreprit d’importantes transformations vers 1852 : remplacement des tuiles par des ardoises, adjonction d’une aile néogothique avec une tourelle octogonale, et modification des ouvertures. L’architecte Honoré Vianne de Gannat conçut ce projet partiellement réalisé, préservant cependant le caractère médiéval du logis. Le château, resté dans la descendance des Grindelle depuis 1906, fut inscrit aux monuments historiques en 2021 pour son ensemble (logis, parc, communs et allée).

Architecturalement, le château se distingue par son élévation imposante sur un plan réduit, typique des maisons fortes bourbonnaises. La façade principale, encadrée par des baies à meneaux du XVIe siècle, conserve des traces des modifications révolutionnaires (fossés comblés, tours démolies). Les restaurations récentes ont restitué la toiture conique de la tour d’escalier et partiellement l’aspect ancien de la cour. Le parc, ceint de murs, abrite des communs (écurie, grange) et un édicule en brique, témoignages des aménagements du XIXe siècle.

La seigneurie de la Motte, créée au XIVe siècle, changea fréquemment de mains, reflétant les alliances et les transactions de la noblesse locale. Les Coëffier, famille influente du Bourbonnais, y laissèrent leur empreinte avant les Savaron et les Trellet au XVIIe siècle. Le XIXe siècle marqua un tournant avec l’arrivée des Gaubert, qui modernisèrent le château tout en respectant son héritage médiéval. Aujourd’hui, le site, toujours privé, incarne près de mille ans d’histoire, des origines féodales aux protections patrimoniales contemporaines.

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