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Château de Louye dans l'Eure

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château de style Classique
Eure

Château de Louye

    Rue du Château
    27650 Louye
Propriété privée
Château de Louye
Château de Louye
Château de Louye
Château de Louye
Château de Louye
Château de Louye
Crédit photo : Guy NŒHRINGER - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1180
Forteresse défensive
1194
Intégration au domaine royal
1478–1508
Reconstruction par Gauvin de Dreux
1770
Achat par la famille d’Arjuzon
vers 1810
Décors égyptisants par Berthault
1850
Achat par Paul Sigisbert Moitessier
17 avril 2000
Inscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Domaine en totalité, y compris la clôture, l'ensemble du bâti, le parc et le potager (cad. A 1 à 10, 668, 884, 885 lieudit Le Parc ; B 13 lieudit Le Potager) : inscription par arrêté du 17 avril 2000

Personnages clés

Richard Cœur de Lion - Duc de Normandie Propriétaire initial comme forteresse défensive.
Gauvin de Dreux - Reconstructeur (XVe siècle) Auteur du plan en équerre.
Jean-Marie d’Arjuzon - Seigneur de Muzy (XVIIIe siècle) Acheteur et modernisateur pré-révolutionnaire.
Madame d’Arjuzon - Dame d’honneur de la reine Hortense Commanditaire des décors Empire.
Berthault - Architecte (début XIXe) Auteur des motifs égyptisants.
Paul Sigisbert Moitessier - Banquier (XIXe siècle) Créateur de la ferme modèle.

Origine et histoire

Le château de Louye, situé dans le département de l’Eure en Normandie, trouve ses origines au XIIe siècle comme forteresse défensive de Richard Cœur de Lion contre Philippe Auguste. Après la victoire française en 1194, il intègre le domaine royal et est transmis à Robert, fils de Louis VI le Gros, puis à la famille de Dreux. Entre 1478 et 1508, Gauvin de Dreux le reconstruit selon un plan en équerre, mêlant briques et silex, avec une basse-cour dotée d’ateliers et d’écuries. Les vestiges du donjon du XIIe siècle sont partiellement conservés dans la tour la plus massive.

Au XVIIIe siècle, le château passe à la famille d’Arjuzon, qui le modernise dans le style Empire après la Révolution. Madame d’Arjuzon, dame d’honneur de la reine Hortense, confie à l’architecte Berthault la décoration de la façade sur cour, inspirée par le retour d’Égypte (pyramides, obélisques, motifs de lotus). L’aile ouest, symétrique, est prolongée en conservant les matériaux d’origine. Le parc, réaménagé au XIXe siècle, accueille une ferme modèle et une tour néogothique romantique, tandis que les intérieurs préservent des éléments médiévaux (voûtes, charpente en carène) et des peintures du XVIe siècle.

Le domaine, inscrit aux monuments historiques en 2000, comprend également des communs organisés autour d’une cour, un potager, et des fabriques pittoresques comme la tour de Malborough. Propriété de la famille Lepic depuis le XIXe siècle, il illustre l’évolution architecturale normande, du Moyen Âge à l’éclectisme romantique, tout en témoignant des transformations sociales liées à l’agriculture et à l’aristocratie.

La toponymie de Louye reste mystérieuse : peut-être d’origine celte ou latine (auditus, « ouïe »), évoquant les échos du site ou une légende de chasseur égaré retrouvant sa voie grâce au son des trompes. Ce lieu, marqué par les conflits franco-normands, devient ensuite un symbole de pouvoir royal, puis un domaine privé alliant prestige et innovation agricole.

Les remaniements successifs reflètent les goûts de leurs commanditaires : la salle aux Cerfs, pièce maîtresse du XVe siècle, contraste avec les décors impériaux du XIXe. Les briques vernissées, inspirées du château de Maintenon, et les motifs égyptisants soulignent cette superposition de styles, tandis que le parc, avec ses fabriques, incarne l’idéal paysager du XIXe siècle.

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