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Château de Lucéram dans les Alpes-Maritimes

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château

Château de Lucéram

    2 Rue des Grottes
    06440 Lucéram
Propriété de la commune
Château de Lucéram
Château de Lucéram
Château de Lucéram
Château de Lucéram
Château de Lucéram
Château de Lucéram
Château de Lucéram
Château de Lucéram
Château de Lucéram
Château de Lucéram
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
XIXe siècle
Époque contemporaine
500 av. J.-C.
400 av. J.-C.
0
1000
1100
1200
1300
1900
2000
Ve siècle av. J.-C.
Installation des Ligures
1057
Première mention écrite
1108
Fortification du site
1156
Citation du château
28 mars 1258
Traité de Luceram
1272
Cession à la Provence
1388
Dédition de Nice à la Savoie
1395
Nouveaux remparts
28 février 1927
Inscription MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Chateau (restes) : inscription par arrêté du 28 février 1927

Personnages clés

Charles Ier d'Anjou - Comte de Provence (1246) Acheteur des fiefs de Vintimille
Romée de Villeneuve - Conseiller provençal Lutte contre l’influence génoise
Boniface et Georges de Vintimille - Comtes de Vintimille Vendeurs des terres à Charles Ier
Jeanne Ire de Naples - Reine de Naples Accorde l’affranchissement communal
Antoine de Castello - Notaire de Lucéram Reconnaît Charles de Duras en 1383
Amédée VII de Savoie - Comte de Savoie Bénéficiaire de la dédition de Nice

Origine et histoire

Le rempart de Lucéram, souvent appelé « château », est ce qui subsiste des fortifications médiévales édifiées entre les XIIe et XIIIe siècles sur un promontoire près de l’église Saint-Jean. Ce site stratégique, contrôlant la voie entre La Turbie et la vallée de la Vésubie, fut initialement occupé par les Ligures (Ve siècle av. J.-C.), puis par les Romains, comme en attestent des monnaies et poteries découvertes sur place. Lucéram, mentionnée pour la première fois en 1057 sous le nom Lucerammo, devient un lieu fortifié en 1108, avec un château cité dès 1156.

Au XIIIe siècle, le comté de Provence, dirigé par Charles Ier d’Anjou (à partir de 1246), renforce son emprise sur la région. Le traité de Luceram, signé le 28 mars 1258, scelle la vente des fiefs de Breil et Saorge par les comtes de Vintimille à Charles Ier. En 1272, ces derniers cèdent leurs droits sur Lucéram, marquant la construction d’une maison seigneuriale (dont une porte subsiste dans l’église Sainte-Marguerite). La commune obtient alors une charte de franchises, formant avec Peille et Utelle une confédération républicaine indépendante.

La position géostratégique de Lucéram, sur la route du sel entre Nice et le Piémont, entraîne la construction de nouveaux remparts au XIVe siècle, autorisés en 1395 par le gouverneur savoyard. Ces défenses, incluant une tour de 15 mètres et trois portes (dont la porte de l’Ièra, restaurée en 1925), visaient à protéger la population des conflits locaux, comme la guérilla opposant Lucéram à Tende (1318-1328). En 1388, malgré les protestations de Lucéram, Levens et Utelle, la dédition de Nice à la Savoie intègre la région dans les « Nouvelles terres de Provence ».

Le rempart, inscrit aux monuments historiques en 1927, illustre les tensions entre comtes de Provence, république de Gênes et maison de Savoie pour le contrôle des Alpes-Maritimes. Son architecture mêle influences provençales et savoyardes, reflétant les changements politiques entre le Moyen Âge et la Renaissance. Les vestiges actuels, comme la porte de l’Ièra au style mauresque, rappellent cette histoire mouvementée, liée au commerce du sel et aux rivalités territoriales.

Les fouilles et sources écrites (chartes, traités) confirment l’importance militaire et administrative de Lucéram, siège d’un consilium generale de la viguerie de Vintimille en 1383. Son rôle dans les conflits entre Anjou et Duras, puis son rattachement contesté à la Savoie (1388-1391), en font un symbole des luttes pour l’autonomie communale en Provence orientale.

Liens externes