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Château de Madrid dans Paris

Château de Madrid

    35 Boulevard Richard Wallace
    75016 Neuilly-sur-Seine
Martin Pierre Denis (1663-1742)

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1528
Début de la construction
1548-1570
Travaux dirigés par Delorme et Le Primatice
1572
Massacre de la Saint-Barthélemy
1656
Installation d’une manufacture de soie
1792
Vente et début de la démolition
1909
Construction d’un hôtel-restaurant
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

François Ier - Roi de France (commanditaire) Ordonna la construction en 1528.
Henri II - Roi de France Supervisa l’achèvement du château.
Girolamo della Robbia - Artiste florentin Réalisa les terres cuites émaillées.
Philibert Delorme - Architecte royal Dirigea les travaux à partir de 1548.
Le Primatice - Architecte et peintre Prit la suite de Delorme en 1559.
Jean Hindret - Entrepreneur Fonda la manufacture de soie en 1656.
Catherine de Médicis - Reine de France Fréquenta le château avec Charles IX.

Origine et histoire

Le château de Madrid, initialement nommé château de Boulogne, fut commandé en 1528 par le roi François Ier dans le bois de Boulogne, sur l’actuelle commune de Neuilly-sur-Seine. Conçu comme une résidence royale de la Renaissance française, il fut achevé sous le règne de son fils Henri II. Les travaux, dirigés par des artistes italiens et français comme Girolamo della Robbia, Pierre Gadier et Philibert Delorme, s’étalèrent jusqu’entre 1568 et 1570. Le château se distinguait par ses façades recouvertes de terres cuites émaillées (terracotta invetriata), lui valant le surnom de Château de faïence. Son plan en H, inspiré de modèles italiens comme la villa de Boffalora, mêlait des éléments architecturaux français, tels que les pavillons cantonnés de tours, similaires à ceux de Chambord ou Chenonceau.

L’origine de son nom Madrid reste débattue. Une hypothèse souvent évoquée, mais peu plausible, suggère une inspiration de l’Alcazar royal de Madrid, reconstruit par Charles Quint en 1537 — soit après le début des travaux du château de Boulogne. Une autre explication, rapportée par l’historien Sauval, lie ce nom à la captivité de François Ier à Madrid après la défaite de Pavie (1525). Les courtisans, moquant les absences du roi au château de Boulogne, disaient qu’il était à Madrid, un surnom qui s’imposa progressivement. Les décors de carreaux émaillés, évoquant les azulejos espagnols, renforcèrent cette appellation, comme en témoignent les plans d’Androuet du Cerceau, qui le nomme Boulongne dit Madril.

Le château de Madrid joua un rôle politique majeur au XVIe siècle, notamment sous Charles IX et Catherine de Médicis. Il fut au cœur des intrigues précédant le massacre de la Saint-Barthélemy (1572) et accueillit Marguerite de Valois après son retour en grâce en 1605. Délaissé par Henri III puis Louis XIII, il perdit son importance avec l’essor de Versailles. Au XVIIe siècle, il abritait une manufacture de bas de soie, première du genre en France, fondée par Jean Hindret en 1656. Mais le bâtiment, déjà en ruine en 1657, fut vendu en 1792 pour être démoli. Les matériaux furent dispersés : boiseries, plombs et terres cuites de Della Robbia furent vendus, tandis que quelques fragments (un chapiteau au château d’Écouen et des céramiques au musée Carnavalet et à Sèvres) subsistent aujourd’hui.

À sa place s’installèrent successivement une clinique, un haras et un restaurant, construit sur les anciens communs pour les promeneurs du bois de Boulogne. Sous Napoléon III, le site fut réaménagé, et en 1909, un hôtel-restaurant de style néo-Renaissance y fut érigé, avant d’être converti en logements dans les années 1950. Aujourd’hui, il ne reste aucune trace visible du château, mais son histoire illustre l’influence de la Renaissance italienne en France et le faste des résidences royales avant leur déclin face à Versailles.

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