Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Château de Mercy à Ars-Laquenexy en Moselle

Château de Mercy

    1 Rue du Jardin d'Ecosse
    57530 Ars-Laquenexy
Propriété d'un établissement public ; propriété privée
Château de Mercy
Château de Mercy
Château de Mercy
Château de Mercy
Crédit photo : Aimelaime - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1905-1908
Construction du château
1919
Retour à la France
1940-1944
Hôpital militaire allemand
1953-1967
Occupation canadienne
2019
Classement monument historique
2021
Rachat par un promoteur
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

En totalité, le château de Mercy et la chapelle du château, situés au lieu-dit Le Clos Nord, suivant le plan annexé à l'arrêté (cad. section 21 parcelle 59, 60) : inscription par arrêté du 5 juin 2019

Personnages clés

Maurice du Coëtlosquet - Propriétaire initial et patriote messin Commanditaire du château, décédé avant sa construction.
Madame du Coëtlosquet - Commanditaire du château Fait construire l’édifice entre 1905 et 1908.
Henri Klein - Architecte Conçoit le château en style éclectique francophile.
Eugène Vallin - Ébéniste et décorateur Réalise les décors intérieurs (salle à manger, bibliothèque).
Jean-Joseph Picoré - Paysagiste Conçoit le jardin à la française.

Origine et histoire

Le château de Mercy, situé près de Metz en Moselle, est construit entre 1905 et 1908 par la veuve de Maurice du Coëtlosquet, figure patriotique messine. Ce monument incarne une résistance culturelle française face à l’annexion allemande de l’Alsace-Moselle (1871-1918). Son architecture éclectique, mêlant néoclassicisme, Art nouveau et matériaux modernes comme le béton armé, contraste délibérément avec le style germanique imposé par les autorités impériales. Les décors intérieurs, signés Eugène Vallin de l’École de Nancy, et la pierre de Savonnières importée du Barrois soulignent cette volonté d’affirmation identitaire.

Le château remplace un édifice incendié en 1870 pendant la guerre franco-prussienne. Conçu par l’architecte alsacien Henri Klein, il intègre un jardin à la française dessiné par Jean-Joseph Picoré. Symbole de la francophonie locale, il est perçu comme un manifeste contre la germanisation de Metz, où des bâtiments comme le palais du Gouverneur ou le château de Landonvillers (remaniés en style néogothique allemand) dominent alors le paysage urbain.

De 1919 à 2000, le château connaît des usages militaires variés : hôpital allemand (Lazarett) pendant la Seconde Guerre mondiale (1940-1944), puis quartier général de l’Aviation royale canadienne (1953-1967) dans le cadre de l’OTAN. Racheté par l’armée française en 1968, il abrite successivement la 16e brigade mécanisée, le commandement de l’artillerie du 1er corps d’armée, et la 1re armée jusqu’en 1993. Classé monument historique en 2019, il est vendu en 2000 à Metz Métropole, puis en 2021 à un promoteur privé pour une reconversion en logements et locaux commerciaux.

Seul vestige des occupations antérieures, la chapelle du XVIIe siècle (1626), rénovée par Maurice du Coëtlosquet dans les années 1890, complète l’ensemble. Le site, occupé depuis le Xe siècle, illustre ainsi près d’un millénaire d’histoire lorraine, marquée par les conflits franco-allemands et les mutations territoriales. Son inscription au titre des monuments historiques en 2019 reconnaît sa valeur patrimoniale, à la fois architecturale, symbolique et mémorielle.

Liens externes