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Château de Merville en Haute-Garonne

Patrimoine classé
Label Jardin remarquable
Demeure seigneuriale
Château de style Classique
Haute-Garonne

Château de Merville

    2 Place du Château 
    31330 Merville
Château de Merville
Château de Merville
Château de Merville
Château de Merville
Château de Merville
Crédit photo : Didier Descouens - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1575
Acquisition du terrain
1734
Héritage du marquisat
1743-1759
Construction du château
1754
Décoration du Salon chinois
1772
Transmission à André-Antoine de Chalvet
1987
Classement Monument Historique
2005
Ouverture du labyrinthe au public
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château avec sa terrasse et son parc ainsi que la glacière du 18s (cad. E 75 à 78, 84, 1121, 1124, 1126, 1127) : classement par arrêté du 11 décembre 1987

Personnages clés

Henri-Auguste de Chalvet-Rochemonteix - Marquis et commanditaire Dicté les plans du château en 1743.
Mathieu de Chalvet - Ancêtre et acquéreur du terrain Acheta la terre de Merville en 1575.
André-Antoine de Chalvet - Héritier et propriétaire Conserva le château pendant la Révolution.
Gilles Pin - Peintre et architecte Auteur des panneaux du Salon chinois.
André Le Nôtre - Paysagiste Conçut le parc et les allées.
François Boucher - Inspiration artistique Gravures source des chinoiseries.

Origine et histoire

Le château de Merville, situé dans le département de la Haute-Garonne en Occitanie, est un témoignage exceptionnel de l’architecture et des jardins du XVIIIe siècle. Construit entre 1743 et 1759 sur des plans dictés par le marquis Henri-Auguste de Chalvet-Rochemonteix à l’architecte Maduron, il incarne l’esprit des Lumières avec sa façade en briques roses et son parc dessiné par Le Nôtre. Son labyrinthe de 6 km de buis, le plus grand d’Europe, et ses salons richement décorés, comme le Salon chinois orné de panneaux peints par Gilles Pin en 1754, reflètent le raffinement de l’époque.

Le domaine, hérité par André-Antoine de Chalvet en 1772, échappa à la destruction pendant la Révolution grâce à son propriétaire, emprisonné mais épargné. Transmis par héritage aux familles de Villèle puis de Beaumont du Repaire, le château conserve son mobilier et ses décors d’origine, dont des tapisseries flamandes du XVIe siècle. Classé Monument Historique en 1987, il allie une architecture en U avec une terrasse dominant un parc de 40 hectares, où perspectives géométriques et nature s’harmonisent, illustrant l’idéal des maisons de campagne des Lumières.

Le parc, conçu selon les principes de Le Nôtre, s’organise autour d’allées rectilignes de buis et de chênes, ponctuées de ronds-points en étoile menant à une salle de bal. La grande perspective de 600 mètres prolonge visuellement les salons du château, créant une continuité entre intérieur et extérieur. Le labyrinthe, ouvert au public depuis 2005, attire annuellement 45 000 visiteurs, tandis que la galerie des tableaux abrite les portraits des seigneurs de Merville, perpétuant la mémoire des familles nobles locales.

L’édifice, caractéristique de l’art de bâtir en brique dans le Midi toulousain, se distingue par son avant-corps central en hémicycle et son fronton triangulaire. À l’intérieur, l’enfilade des pièces d’apparat, centrée sur un salon octogonal aux décors exotiques, révèle l’influence des chinoiseries du XVIIIe siècle. Les murs couverts de tapisseries de Flandres et les peintures de Gilles Pin, inspirées de gravures parisiennes, témoignent du goût pour l’orientalisme et l’art décoratif de l’époque.

Classé avec son parc et sa glacière du XVIIIe siècle, le château de Merville reste une propriété privée, préservant un patrimoine architectural et paysager unique. Son histoire, liée aux familles Chalvet, Villèle et Beaumont du Repaire, en fait un symbole de la noblesse toulousaine et de son adaptation aux bouleversements politiques, de l’Ancien Régime à nos jours.

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