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Château de Mirville en Seine-Maritime

Patrimoine classé
Maison des hommes et des femmes célèbres
Demeure seigneuriale
Château de style Renaissance

Château de Mirville

    580 Route du Château
    76210 Mirville
Propriété d'une société privée
Château de Mirville
Château de Mirville
Crédit photo : Franz Golhen - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1600
1700
1800
1900
2000
1080
Première attestation du fief
XIe–XIIe siècles
Construction de la motte féodale
XVIe siècle
Construction du manoir
XVIIe siècle
Chapelle devenue église paroissiale
1975
Protection partielle (MH)
Fin XIXe siècle
Rénovations par Pierre de Coubertin
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures ; escalier avec sa rampe à balustres en bois (cad. A 32) : inscription par arrêté du 13 mars 1975

Personnages clés

Adam de Mirville - Seigneur médiéval Impliqué dans les conflits du XIIe siècle.
Famille Le Goupil du Mesnil d’O - Propriétaires au XVIe siècle Commanditaires du manoir actuel.
Pierre de Coubertin - Résident et rénovateur Y passa son enfance (fin XIXe).

Origine et histoire

Le château de Mirville, situé dans la commune de Mirville en Seine-Maritime, est un édifice dont les origines remontent au XVIe siècle, avec des remaniements majeurs au XIXe siècle. Le logis principal, construit en appareil alterné de silex noir, brique et pierre calcaire, témoigne de techniques architecturales variées. À proximité se trouve une motte tronconique du XIe siècle, vestige d’une fortification primitive, fouillée entre 1979 et 1981. Ces fouilles ont révélé huit niveaux de constructions en bois, suggérant une occupation continue depuis le Moyen Âge, ainsi que des traces d’un bâtiment rectangulaire en bois, probablement la résidence des premiers seigneurs de Mirville.

Le fief de Mirville, attesté dès 1080 sous la dépendance de Tancarville, est mentionné dans des chartes médiévales sous le nom de Milleville. En 1105, Adam de Mirville, impliqué dans les conflits entre Henri Beauclerc et Robert Courteheuse, aurait renforcé les défenses du site, dont subsiste aujourd’hui la motte. Au XIIe siècle, le fief inclut déjà un étang et un moulin seigneurial sur la rivière de Bolbec. Le manoir actuel, bâti au XVIe siècle pour la famille Le Goupil du Mesnil d’O, remplace progressivement les structures médiévales. Au XVIIe siècle, la chapelle castrale devient l’église paroissiale, tandis qu’au XVIIIe siècle, un jardin potager et des bâtiments agricoles sont ajoutés.

Au XIXe siècle, le baron Pierre de Coubertin, fondateur des Jeux Olympiques modernes, réside au château durant son enfance et y apporte des modifications significatives. Le site conserve également des traces industrielles, comme deux fours à brique aménagés dans la motte au XVIe siècle pour la construction du manoir. Les dépendances, incluant écuries en brique et logis de ferme en pan de bois, illustrent l’évolution des usages du domaine, entre résidence seigneuriale, exploitation agricole et lieu de mémoire historique.

La motte féodale, classée parmi les monuments historiques, et les vestiges archéologiques associés (couche noirâtre, poteaux en terre) offrent un éclairage unique sur l’organisation seigneuriale normande entre le XIe et XIIe siècle. Le château, partiellement protégé depuis 1975 (façades, toitures, escalier à balustres), reste un témoignage architectural et historique majeur de la Normandie, lié à des figures comme la famille de Milleville ou Pierre de Coubertin.

Le viaduc ferroviaire de Mirville (1844) et l’église Saint-Quentin complètent le patrimoine local, tandis que la commune, rurale et agricole, s’inscrit dans l’aire d’attraction du Havre. Le site, aujourd’hui propriété privée, conserve une dimension à la fois intimiste et emblématique, entre mémoire médiévale et héritage olympique.

Les fouilles archéologiques ont confirmé l’importance stratégique du fief, situé sur un axe entre Bolbec et Nointot, et son rôle dans les dynamiques seigneuriales normandes. Les documents d’archives, comme les chartes de Henri II ou les cartes de Cassini, soulignent la pérennité de ce lieu, de l’époque médiévale à la Révolution industrielle, en passant par les transformations agricoles des XVIIIe et XIXe siècles.

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