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Château de Montguerlhe dans le Puy-de-Dôme

Château de Montguerlhe

    Route Sans Nom
    63300 Sainte-Agathe

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
2000
XIe siècle
Fondation du château
1312
Première mention écrite
1552
Derniers travaux connus
1610
Déclaré en ruine
XIVe–XVIe siècles
Changement de seigneurie
1789–XXe siècle
Utilisation comme carrière
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Seigneurs de Thiers - Propriétaires initiaux Possèdent le château du XIe au XIVe siècle.
Seigneurs de Vollore - Propriétaires ultérieurs Gèrent le site jusqu’à la Révolution.
Alexandre Bigay - Historien local Auteur de *Le Vieux Thiers* (1947).
Jean-Luc Kristos - Chercheur Étude *Le point sur Montguerlhe* (1987).

Origine et histoire

Le château de Montguerlhe, fondé au XIe siècle, est un ancien ouvrage militaire primitif situé à 829 m d’altitude sur un plateau à la frontière de Sainte-Agathe, Escoutoux et Celles-sur-Durolle, près de Thiers (Puy-de-Dôme). Son nom, d’origine auvergnate (guerlhar : « guetter » ou « surveiller »), reflète sa fonction première : une tour de contrôle sur la route stratégique Clermont-Lyon, dite « route du fer », essentielle pour l’approvisionnement en minerais dauphinois vers la coutellerie thiernoise. Les carrières granitiques voisines, encore visibles, attestent de l’extraction locale des pierres pour sa construction.

La première mention écrite du château remonte à 1312 (charte de Vollore). Initialement lié à la seigneurie de Thiers (XIe–XIVe siècles), il passe ensuite aux seigneurs de Vollore jusqu’à la Révolution. Actif jusqu’au XVIe siècle, il est entretenu jusqu’en 1552 (livraison de tuiles) avant d’être déclaré en ruine en 1610. Malgré son abandon, les droits seigneuriaux (péages, impôts) y sont prélevés jusqu’en 1789. De la Révolution au XXe siècle, ses pierres servent de carrière pour les constructions locales, accélérant sa dégradation.

Architecturalement, ce château roman se caractérisait par une tour maîtresse carrée (nord-ouest), symbole de pouvoir seigneurial, et trois enceintes concentriques dont la plus externe atteint 1 km de périmètre. Son système défensif, primitif (fossés, talus, murs peu épais), suggère un déclin progressif au profit du domaine voisin de Fermouly, plus confortable. Les vestiges actuels — motte, fondations, mur ouest — révèlent une structure peu modifiée entre le XIe et le XVIe siècle, dédiée à la surveillance et au contrôle économique via le péage du « hameau du Péage », en contrebas.

Le site, aujourd’hui en ruine, conserve des traces des techniques médiévales d’extraction : rochers taillés en marches, encoches alignées sur les fissures du granite, et pierres à bassin liées aux méthodes des carriers. Ces éléments corrobore une construction autarcique au XIe siècle, utilisant les ressources locales. Bien que son rôle militaire ait décliné, Montguerlhe reste un témoignage clé de l’organisation féodale en pays thiernois, mêlant pouvoir seigneurial, économie du fer, et stratégie routière au Moyen Âge.

Inspirant des œuvres littéraires (La nuit de la Toussaint d’Eugène Marchand, 1862 ; Le Maître du pain de Lucy Achalme, 1908), le château est aussi étudié pour son histoire locale, notamment par Alexandre Bigay (Le Vieux Thiers, 1947) et Jean-Luc Kristos (1987). Son état actuel, bien que fragmentaire, en fait un lieu de promenade historique et un sujet d’interprétation pour les archéologues, notamment sur la fonction exacte de sa troisième enceinte (village, parcellaire, ou défense).

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