Origine et histoire du Château de Montmelas
Le château de Montmelas, mentionné dès 977, fut une place forte des sires de Beaujeu au XIe siècle. Au fil des siècles, il changea de mains : Jeanne de Châteauvillain en 1331, Anne de France (fille de Louis XI) en 1520, puis les Bourbon avant d’être vendu à Philibert de Crozet. La seigneurie passa ensuite aux Gonzague, puis aux Arod de Montmelas, dont François, marquis, épousa Marguerite de Cuzieu, et leur fils Blaise, Marguerite-Catherine Haynault, maîtresse de Louis XV.
En 1566, Jean Arod acquit le château lors d’une vente aux enchères. Son descendant, Gaspard de Montmelas, fut emprisonné pendant la Révolution avant d’être libéré par des villageois. Le domaine échoit ensuite à Louise Hélène de Tournon-Simiane (1829-1899), puis à sa fille Louise Hélène Françoise, épouse de Jean de Chabannes La Palice. En 1962, Jacqueline de Chabannes La Palice transmit le château à sa fille Françoise, épouse du comte Henri d’Harcourt, actuelle famille propriétaire.
Reconstruit aux XIIIe-XIVe siècles et restauré au XIXe par l’architecte Louis Dupasquier dans un style néo-gothique, le château conserve des éléments des XVe-XVIe siècles, comme un donjon cylindrique et une enceinte quadrangulaire. Classé monument historique en 2000, il abrite aussi un domaine viticole et propose des visites, des chambres d’hôtes et des animations culturelles, notamment lors des Journées du Patrimoine.
Le parc et les jardins à la française, inscrits avec le château, complètent cet ensemble historique. Le site, toujours privé, témoigne d’une occupation continue depuis le Moyen Âge, mêlant architecture militaire, résidence seigneuriale et exploitation viticole. Son nom, Montmelas, vient du latin mons malatus (« mont chargé de fruits »), évoquant son passé agricole.
Les armoiries des familles propriétaires – Beaujeu, Bourbon, Arod, Tournon-Simiane – illustrent son histoire mouvementée. Aujourd’hui, le château allie préservation patrimoniale et ouverture au public, perpétuant un héritage lié à la noblesse française et à l’histoire du Beaujolais.