Origine et histoire du Château de Montoire-sur-le-Loir
Le château de Montoire-sur-le-Loir fut bâti par les premiers seigneurs de Montoire à la fin du XIe siècle, dans un contexte féodal marqué par les rivalités territoriales. Situé aux confins du Blaisois et du Perche, il devint un enjeu stratégique lors des conflits entre la France et l’Angleterre. En 1188, Richard Cœur de Lion s’en empare lors de la guerre opposant Henri II d’Angleterre à Philippe Auguste, avant d’échouer devant la forteresse voisine de Lavardin. Ce château, intégré au comté de Vendôme, illustre l’importance militaire et politique de Montoire, promue capitale du Bas-Vendômois sous Jean V de Vendôme.
Au Moyen Âge, Montoire et son château jouent un rôle clé dans les dynamiques locales, notamment après la scission de la terre comtale de Vendôme. La seigneurie passe aux Bourbons, puis à la Couronne en 1712, avant d’être érigée en marquisat en 1743 pour Jean-Sébastien de Kerhoent, gouverneur de Morlaix. La ville, alors nommée Montoire-Kerhoent, conserve des vestiges de ses fortifications et de son donjon, témoins de son rayonnement passé. Les fresques romanes de l’église Saint-Gilles, contemporaines du château, soulignent aussi l’importance religieuse du lieu.
À l’époque moderne, le château tombe progressivement en ruines, mais son héritage persiste à travers les récits historiques et les vestiges architecturaux. Au XIXe siècle, Montoire devient une ville commerçante, tirant parti de sa position sur le Loir pour développer des activités artisanales (tanneries, bonneteries) et agricoles. Le château, bien que délaissé, reste un symbole identitaire, classé Monument Historique dès 1862 pour ses ruines emblématiques.
Le XXe siècle marque un tournant avec l’entrevue de Montoire (24 octobre 1940), où Pétain et Hitler se rencontrent dans la gare locale, scellant la collaboration française. Bien que cet événement ne soit pas directement lié au château, il ancré Montoire dans l’histoire contemporaine. Aujourd’hui, les ruines du château, propriété communale, rappellent un patrimoine médiéval riche, complété par des sites comme la chapelle Saint-Gilles ou le musée des Rencontres, dédiés à l’histoire locale.
Le château s’inscrit dans un paysage marqué par les vallées du Loir et une occupation humaine ancienne, attestée dès le IXe siècle (Mons aureus). Son architecture défensive, typique des XIe–XIVe siècles, reflète les enjeux de pouvoir de l’époque. Les fouilles et études archéologiques, comme celles citées dans la Carte archéologique de la Gaule, confirment son rôle central dans l’histoire régionale, entre conflits féodaux et développement urbain.