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Château de Nègrepelisse dans le Tarn-et-Garonne

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château

Château de Nègrepelisse

    Le Bourg 
    82800 Nègrepelisse
Propriété de la commune
Château de Nègrepelisse
Château de Nègrepelisse
Château de Nègrepelisse
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1074
Fondation de la ville
1273
Fondation de la bastide
1285
Vente à Philippe III
1622
Destruction par Louis XIII
1845
Vente et démolition partielle
2014
Inauguration de *La Cuisine*
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château, y compris son emprise au sol (cad. G 1221) : inscription par arrêté du 26 juin 1989

Personnages clés

Philippe III - Roi de France Acheta le château en 1285 pour 400 livres tournois.
Louis XIII - Roi de France Ordonna sa destruction en 1622.
Pierre Jacques Onésyme Bergeret de Grancourt - Comte de Nègrepelisse Propriétaire du château, hôte de Fragonard en 1773.
Jean-Honoré Fragonard - Peintre Immortalisa le château en 1773 lors de son séjour.

Origine et histoire

Le château de Nègrepelisse, situé dans le Tarn-et-Garonne en région Occitanie, est une construction royale datant du 3e quart du XIIIe siècle, marquant la troisième étape de l’implantation du pouvoir capétien dans la vallée de l’Aveyron. Son édification s’inscrit dans le contexte des bastides fondées entre 1271 et 1370 pour affirmer l’autorité royale, sous l’impulsion des rois de France et en collaboration avec la famille seigneuriale de Bruniquel. Le site, stratégiquement placé sur une butte, remplaçait une fortification plus ancienne liée à la fondation de la ville vers 1074.

Au XVe siècle, le château subit des modifications pour s’adapter aux évolutions militaires et résidentielles. Cependant, son histoire fut marquée par des destructions partielles, notamment lors des guerres de Religion : en 1622, Louis XIII rasa la ville et le château en représailles au massacre de la garnison royale par les protestants. Les archives locales, brûlée pendant la Révolution, laissent planer des incertitudes sur certaines dates clés, comme celle de sa construction exacte (1268 selon le chanoine Pottier, 1285 pour l’expert Miquel).

Après la Révolution, le château fut vendu par lots en 1845 et en grande partie démoli, après l’abandon d’un projet de transformation en prison. La commune racheta les ruines en 1850 pour en faire une esplanade. Entre 1997 et 2001, des travaux de conservation furent menés, suivis d’une réhabilitation majeure entre 2012 et 2014 pour y installer « La Cuisine », un centre d’art et de design conçu par le cabinet d’architecture RCR. Ce centre, inauguré en 2014, ferma ses portes en décembre 2022. Le site accueille désormais chaque été le festival « Les voix au château ».

Architecturalement, le château présentait un plan quadrangulaire flanqué de quatre tours rondes et entouré de fossés, typique des forteresses médiévales. Aujourd’hui, il ne subsiste que des vestiges, dont une cave voûtée à ciel ouvert et un mur de soutènement du XVIIe siècle, représenté dans un dessin de Jean-Honoré Fragonard en 1773. Ce peintre, invité par le comte Pierre Jacques Onésyme Bergeret de Grancourt, propriétaire des lieux, a immortalisé le monument avant son déclin.

Le château est inscrit à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis le 26 juin 1989. Des fouilles préventives menées par l’INRAP avant sa réhabilitation ont permis de mieux comprendre son évolution, révélant des traces du gros-œuvre du XIe siècle et des aménagements ultérieurs. Son histoire reflète les luttes de pouvoir entre seigneurs locaux (vicomtes de Bruniquel), abbayes (Moissac), et la couronne de France, qui en prit possession en 1285 sous Philippe III.

Liens externes