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Château de Noirieux à Saint-Laurent-des-Mortiers en Mayenne

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château de plaisance
Mayenne

Château de Noirieux

    Noirieux
    53290 Saint-Laurent-des-Mortiers
Propriété privée
Château de Noirieux
Château de Noirieux
Château de Noirieux
Château de Noirieux
Château de Noirieux
Château de Noirieux
Château de Noirieux
Château de Noirieux
Crédit photo : Noirieux - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
0
100
1700
1800
1900
2000
11–12 janvier 1795
Affrontement Chouans vs Républicains
1742–1747
Construction du château actuel
27 septembre 1747
Bénédiction de la chapelle
1842
Rachat par les Quatrebarbes
1978
Rachat par les Potier Dejean de La Bâtie
11 avril 1990
Inscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures du château et de l'orangerie (cad. A 138) : inscription par arrêté du 11 avril 1990

Personnages clés

Louis-Pierre Ernault de Montiron - Conseiller du Roi et constructeur Commanditaire du château actuel (1742–1747).
Joseph Coquereau - Chef chouan royaliste Mène l’affrontement de 1795 au château.
Abbé Baudoin - Prêtre réfractaire cité par Victor Hugo Célèbre une messe clandestine en 1795.
Léopold I de Quatrebarbes - Baron restaurateur (XIXe siècle) Rénove la chapelle et le domaine en 1842.
Jeanne Grenet - Propriétaire au XXe siècle Vend le château en 1973 après l’avoir préservé.
François-Xavier Potier - Propriétaire actuel (depuis 1978) Entreprend la restauration du domaine.

Origine et histoire

Le château de Noirieux, situé sur la commune déléguée de Saint-Laurent-des-Mortiers (Mayenne), trouve ses origines au Moyen Âge sous la forme d’un fief relevant d’Azé ou de Château-Gontier. Les premières mentions écrites remontent au XIe siècle, avec des variantes orthographiques comme Noyrieux ou Noerieux, évoquant peut-être un lieu planté de noyers. Le site, traversé par une ancienne voie romaine reliant Angers au confluent de la Sarthe et de la Mayenne, abrite successivement plusieurs familles seigneuriales, dont les Briand (XVe–XVIIe siècles), les Le Maistre (XVIIe siècle), et les Goislard de Montsabert, qui cèdent le domaine en 1742.

La construction du château actuel débute en 1742 sous Louis-Pierre Ernault de Montiron, conseiller du Roi, qui démolit l’ancien manoir de la Grenonnière pour ériger une demeure de style XVIIIe, achevée en 1747. La chapelle, dédiée à Notre-Dame Refuge des Pêcheurs, est bénie la même année et joue un rôle religieux clandestin pendant la Terreur. En 1795, le château devient le théâtre d’un affrontement sanglant entre Chouans, menés par Joseph Coquereau, et les troupes républicaines, laissant des traces de balles dans les murs et une plaque commémorative dans la chapelle.

Au XIXe siècle, la famille de Quatrebarbes acquiert Noirieux en 1842 et entreprend d’importantes restaurations, dont celle de la chapelle, autorisée par l’évêque du Mans en 1849. Un chemin de croix y est érigé, et le pape Pie IX offre un ciboire bénit (aujourd’hui disparu). Le domaine, passé aux Letourneurs du Val puis aux Grenet au XXe siècle, abrite un noviciat pendant la Seconde Guerre mondiale avant d’être transformé en exploitation agricole puis en gîte rural. Depuis 1978, les Potier Dejean de La Bâtie œuvrent à sa restauration, préservant son patrimoine architectural et historique.

Le château, inscrit aux Monuments Historiques depuis 1990 pour ses façades et toitures, conserve des éléments remarquables comme une double enceinte de douves (partiellement comblées), un parc boisé de chênes centenaires, et des dépendances incluant une boulangerie et une orangerie. Son histoire reflète les bouleversements politiques et sociaux de l’Anjou et de la Mayenne, des guerres de Religion à la Révolution, en passant par l’occupations allemande.

Parmi les anecdotes marquantes, une ardoise datant de 1747, retrouvée en 1880, atteste de la fin des travaux, tandis qu’une plaque dans la chapelle commémore les victimes de 1795. Les archives mentionnent aussi la fidélité des fermiers, attachés à la terre depuis quatre siècles, et la présence de graffitis allemands gravés pendant la Seconde Guerre mondiale. Le domaine, réduit à 10 hectares aujourd’hui, reste un témoignage vivant du patrimoine rural et noble de l’Ouest de la France.

Liens externes