Origine et histoire du Château de Nomeny
Le château de Nomeny, situé dans la commune du même nom en Meurthe-et-Moselle, est un édifice emblématique du patrimoine lorrain. Construit à la fin du XIVe siècle, il s’inscrit dans une forteresse plus ancienne, érigée au XIe siècle par les évêques de Metz. Ce site stratégique, situé à mi-chemin entre Nancy et Metz, servait de résidence occasionnelle aux évêques et devint plus tard un lieu de pouvoir pour les ducs de Lorraine.
La forteresse romane, conçue pour la défense, fut adaptée au XIVe siècle avec la construction d’un château gothique dans sa cour. Ce dernier, à vocation résidentielle, abritait des salles comme la salle à manger et des chambres dans la tour ronde. Le site fut le théâtre d’événements majeurs, comme la naissance de Louise de Lorraine en 1553, future reine de France, ou la signature du traité de Nomeny par Louis XIV en 1663.
Au XVIIe siècle, la forteresse fut démantelée sur ordre de Richelieu, puis le château résidentiel fut détruit en 1742 pour construire des casernes. Aujourd’hui, il ne reste que des vestiges classés Monuments Historiques en 1984 : trois tours, le châtelet et les courtines. Ces ruines, gérées par l’association Patrimoine Lorrain en Seille, témoignent de l’importance stratégique et historique du site.
L’église Saint-Étienne, classée en 1907, est un autre monument clé de Nomeny. Reconstruite après 1918, elle conserve des éléments romans (XIIe siècle) et gothiques (XIVe siècle), ainsi que des sarcophages mérovingiens découverts sur place. Son mobilier, incluant des statues des XVe et XVIe siècles, reflète le riche passé religieux et artistique de la région.
La ville de Nomeny, prospère sous les Vaudémont, fut ravagée par la guerre de Trente Ans et la peste en 1632. Son château, abandonné après le départ de Marguerite de Gonzague en 1629, fut progressivement démoli. Les pierres servirent à la reconstruction de la ville après 1914, lorsque Nomeny fut incendiée par les troupes bavaroises, faisant 55 morts et détruisant 200 bâtiments.
Aujourd’hui, le site du château, bien que partiellement comblé et altéré, reste un lieu de mémoire. Les fouilles et travaux de l’association locale permettent de préserver ces vestiges, offrant un aperçu de l’architecture militaire et résidentielle lorraine, des XIe au XVIIIe siècles.