Origine et histoire du Château de Pépinvast
Le château de Pépinvast, situé dans le Cotentin sur la commune du Vicel (Manche), est une demeure du XVIIIe siècle construite sur les ruines d’un ancien manoir. Il se dresse au bout d’une longue allée, au milieu des bois, à 1,8 kilomètre au sud‑ouest de l’église Notre‑Dame du Vicel. La famille d’Aigremont, seigneurs de Pépinvast depuis le XVIe siècle, fit ériger le premier château ; Guy d’Aigremont est mentionné en 1529 et Louis d’Aigremont en 1614 lors de son mariage avec Guillemette de Ravalet. Vers 1730, Nicolas d’Aigremont fit reconstruire le château, et Jean‑Baptiste d’Aigremont y naquit en juillet 1760. À la fin de l’Empire, en 1819, le domaine fut acquis par Jean Le Marois (1776‑1836), qui y vécut le reste de sa vie ; son fils Jules Polydore et son petit‑fils Jean Polydore Le Marois l’agrandirent ensuite. Ils firent ajouter deux façades — l’une de style néogothique, l’autre de style néo‑Renaissance — ornées de clochetons, faux mâchicoulis, gargouilles, fenêtres à meneaux, toits pentus et d’un immense bow‑window en angle. C’est à cette époque que le château connut son apogée, avec près d’une centaine d’employés travaillant pour la maison, pour le haras fondé vers 1870 par Jean Polydore Le Marois et pour l’exploitation des près de 300 hectares du domaine. En 1968, les deux façades élevées par les Le Marois, très dégradées, furent détruites et le château retrouva alors son aspect d’origine. En 2009, Jean‑Marie d’Aigremont racheta la propriété.
Le bâtiment présente aujourd’hui un long plan rectangulaire sobre, composé d’un rez‑de‑chaussée surélevé, d’un étage et de combles percés de lucarnes à frontons. Dans les communs, installés au hameau du Haut, les toitures sont ornées de tuiles rondes vernissées à dentelles (tafettes) et d’épis de faîtage (gaudions) qui rythment les lucarnes. On remarque également le pavillon de chasse, dont la toiture est d’influence orientale et qui est surmonté de têtes de gibiers, derniers vestiges des constructions du XIXe siècle. La sellerie conserve un poêle en faïence destiné à chauffer la pièce et à préserver la souplesse des selles et harnachements ; un décor en terre cuite peinte subsiste sur un mur extérieur.
La sellerie, le lavoir et la terrasse avec leurs murs de soutènement sont inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du 20 novembre 1992. Le parc est ouvert lors des Journées européennes du patrimoine et accessible aux groupes toute l’année.