Première mention écrite 1049–1060 (≈ 1055)
Cartulaire de Carbay cite le château.
1066
Siège breton de Conan II
Siège breton de Conan II 1066 (≈ 1066)
Prise par le duc de Bretagne.
XIIIe siècle
Construction du château actuel
Construction du château actuel XIIIe siècle (≈ 1350)
Tours et courtines érigées.
1379
Siège breton et construction
Siège breton et construction 1379 (≈ 1379)
Pierre II de Valois bâtit la Grosse Tour.
1432
Siège de Jean V de Bretagne
Siège de Jean V de Bretagne 1432 (≈ 1432)
Cinq semaines de bombardements.
1467
Incendie par les Français
Incendie par les Français 1467 (≈ 1467)
Château brûlé pendant la rébellion.
1926
Classement monument historique
Classement monument historique 1926 (≈ 1926)
Protection officielle du site.
1964–1974
Chantiers Bois-Dormant
Chantiers Bois-Dormant 1964–1974 (≈ 1969)
Déblaiement par des bénévoles.
1976
Acquisition par Louis Bessière
Acquisition par Louis Bessière 1976 (≈ 1976)
Sauvetage et legs à la commune.
2010
Candidature UNESCO
Candidature UNESCO 2010 (≈ 2010)
Proposition pour les Marches de Bretagne.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
Conan II de Bretagne - Duc de Bretagne
Prit le château en 1066.
Geoffroy Ier de Pouancé - Seigneur rebelle
S’opposa à Henri II Plantagenêt.
Pierre II de Valois - Seigneur et bâtisseur
Construisit la Grosse Tour (1379).
Jean V de Bretagne - Duc assiégeant
Dirigea le siège de 1432.
Jean II d’Alençon - Complotiste anti-Louis XI
Brûla le château en 1467.
Louis Bessière - Sauveur du château
Organisa les chantiers de restauration.
Origine et histoire
Le château de Pouancé, situé à la frontière entre l’Anjou et la Bretagne, est mentionné pour la première fois entre 1049 et 1060 dans le cartulaire de Carbay. Construit sur un site fortifié dès le XIe siècle, il devient un enjeu stratégique face à la place bretonne de Châteaubriant. Son identité primitive reste incertaine : certains historiens l’attribuent à Manguinoë (990–1037), d’autres à Foulque Nerra. Dès 1066, le duc Conan II de Bretagne s’en empare après un siège, marquant le début de conflits récurrents pour son contrôle.
Au XIIe siècle, les seigneurs de Pouancé, liés aux familles de La Guerche et de Martigné, s’opposent aux Plantagenêts. Geoffroy Ier, impliqué dans une rébellion contre Henri II en 1172, voit son château détruit. Son fils s’allie aux Bretons en 1196, consolidant le rôle politique de la forteresse, qui domine alors un vaste territoire à cheval sur l’Anjou et la Bretagne. Au XIIIe siècle, Guillaume III érige une digue sur la Verzée, créant l’étang de Pouancé pour renforcer les défenses ouest.
La guerre de Cent Ans transforme Pouancé en place forte convoitée. En 1379, Pierre II de Valois y construit la Grosse Tour et modernise les défenses, mais le château tombe aux mains des Bretons. En 1432, Jean V de Bretagne assiège la forteresse avec 6 000 hommes et sept canons, avant de lever le siège après cinq semaines. En 1443, les Anglais échouent à s’en emparer malgré la destruction des faubourgs. Ces conflits accélèrent son évolution : bastion, moineaux, et caponnière sont ajoutés au XVe siècle.
Le château joue un rôle clé dans les tensions franco-bretonnes. En 1467, Jean II d’Alençon, allié à François II de Bretagne, voit sa forteresse brûlée par les Français. Louis XI y stationne 5 000 hommes en 1472 avant d’attaquer Châteaubriant. Après l’annexion de la Bretagne (1488), Pouancé perd son importance militaire. Au XVIe siècle, les Cossé-Brissac, propriétaires ligueurs, y résistent brièvement aux troupes d’Henri IV. La forteresse est progressivement abandonnée : ses murailles sont démantelées dès 1541, et ses fossés comblés au XVIIIe siècle.
Classé monument historique en 1926, le château est sauvé de la ruine par des bénévoles à partir des années 1960. Les chantiers « Bois-Dormant » (1964–1974) dégagent les structures, révélant boulets d’artillerie, ouvertures quadrilobées, et une monnaie du XVe siècle. En 1976, Louis Bessière en devient propriétaire avant de le léguer à la commune. Depuis 1981, l’association CHAM puis les Compagnons Bâtisseurs mènent fouilles et restaurations, malgré des effondrements partiels (1982, 1995). Aujourd’hui, il est surnommé la « seconde forteresse de l’Anjou », après Angers.
Le site, ouvert au public en été, conserve une double enceinte ovale flanquée de six tours (dont la Grosse Tour et l’Heptagonale), un châtelet d’entrée, et des aménagements défensifs uniques comme les moineaux et la caponnière. Sous le logis seigneurial, une glacière voûtée et un Grand logis du XVe siècle témoignent de son passé résidentiel. Malgré des études récentes (thèse de 2012), de nombreuses questions subsistent, faute de fouilles archéologiques approfondies. En 2010, Pouancé est proposé pour une inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO dans le cadre des Marches de Bretagne.