Origine et histoire du Château de Quillan
Le château de Quillan, mentionné dès 1125, est un édifice militaire construit entre la fin du XIIIe et le début du XIVe siècle sur des fortifications antérieures. Il appartient initialement aux archevêques de Narbonne, qui en sont les suzerains, avant d’être disputé lors de la croisade des albigeois. Simon de Montfort s’en empare en 1216, mais le pape Honorius III ordonne sa restitution en 1217. En 1224, Amaury de Montfort cède ses droits à Louis VIII, déclenchant un conflit avec l’archevêché de Narbonne. Le château, de plan carré avec échauguettes et tour-porte, reflète une architecture défensive homogène.
En 1255, les habitants de Quillan reconnaissent l’autorité de l’archevêque Guillaume de la Broue. Philippe III le Hardi confirme en 1280 un accord avec Pierre de Montbrun, mais en 1332, Philippe VI de Valois en prend possession. Le château, résidence épiscopale, abrite une grande salle d’apparat et des bâtiments intérieurs. Il subit des incendies en 1573 lors des guerres de Religion et se dégrade aux XVIIe et XVIIIe siècles. Partiellement démantelé en 1735-1736, il est vendu comme bien national en 1805 avant d’être racheté par la commune en 1950.
Les fouilles des années 1990 révèlent des vestiges de la cour, dont une salle basse à cheminée monumentale, typique des châteaux archevêchaux comme Auriac ou Villerouge-Termenès. Les courtines, épaisses de 1,80 m, sont percées d’archères et de baies. La tour-porte, large de 8 m, comporte un assommoir et des traces d’une herse. Le château, inscrit aux monuments historiques en 1954, conserve des éléments défensifs caractéristiques, malgré son état partiel.
Son histoire est marquée par des conflits entre pouvoir royal et ecclésiastique. Confisqué pendant la croisade albigeoise, il passe alternativement sous contrôle royal ou archevêchal. Les archevêques de Narbonne, comme Arnaud Amaury ou Pierre de La Jugie, y jouent un rôle central. Le site, stratégique sur l’Aude, illustre les tensions politiques et religieuses du Languedoc médiéval. Son déclin s’accélère après les guerres de Religion, avec des restaurations limitées avant son abandon progressif.
Aujourd’hui, les ruines du château, avec leur enceinte carrée et leurs échauguettes polygonales, dominent la ville de Quillan. Le château d’eau moderne installé dans la cour contraste avec les vestiges médiévaux. Les parements en bossage, typiques du XIIIe siècle, et les archères bien conservées témoignent de son passé défensif. Le site, ouvert au public, offre un panorama sur la vallée et rappelle l’importance stratégique de Quillan au Moyen Âge.