Origine et histoire du Château de Raray
Le château de Raray, situé dans l’Oise (Hauts-de-France), est un édifice emblématique des XVIe et XVIIe siècles, mêlant styles Renaissance et classique. Construit initialement en 1522, il ne conserve de cette époque que les façades du corps central, marquées par des traces de meneaux disparus. Les transformations majeures interviennent entre 1610 et 1620 sous Nicolas de Lancy, qui ajoute des frontons moulurés aux ailes latérales et érige les célèbres haies cynégétiques, inspirées de modèles italiens. Ces balustrades monumentales, ornées de sculptures de chiens et de scènes de chasse, reliaient à l’origine le château à un vieux logis aujourd’hui détruit.
Au XVIIIe siècle, les marquis de Barres entreprennent une refonte radicale : entre 1766 et 1781, ils déplacent les haies cynégétiques pour les aligner parallèlement, démolissent le vieux château oriental, et construisent le « pavillon neuf » au sud avec les pierres récupérées. La Porte rouge, accès triomphal vers la forêt, est également déplacée lors de ces travaux. Une dernière campagne de modernisation, menée par Henri de La Bédoyère entre 1890 et 1914, achève de donner au château son aspect actuel, incluant la destruction de maisons obstruant la perspective de la cour d’honneur.
Le château doit aussi sa renommée à son apparition dans La Belle et la Bête (1945) de Jean Cocteau, tourné dans ses décors Renaissance. Classé Monument historique dès 1924 pour ses façades et toitures, il abrite également des plafonds peints du XVIIe siècle protégés en 1983. Le domaine, toujours propriété de la même famille, comprend un parc redessiné au XIXe siècle (aujourd’hui partiellement occupé par un golf), une ferme du XVIe siècle avec colombier, et des dépendances comme les anciennes écuries, dont le pignon à échauguette rectangulaire est remarquable.
Les haies cynégétiques constituent l’élément le plus original du site : longues balustrades sculptées de 20 chiens chacun en position de chasse, encadrant des bustes antiques ou des effigies des seigneurs de Raray. Leur iconographie célèbre la passion cynégétique de Nicolas de Lancy, influencé par son épouse florentine et ses voyages en Italie. La Porte rouge, contemporaine des balustrades, symbolise quant à elle l’entrée vers les territoires de chasse, avec sa Diane assise entre deux lévriers.
Le mur d’enceinte, datant de 1610–1620, complète ce dispositif défensif et esthétique. Quatre tourelles d’angle (sans meurtrières) et le pignon des écuries, doté d’une échauguette rectangulaire rare, sont inscrits aux Monuments historiques. Bien que le jardin anglais créé par Thomas Blaikie entre 1811 et 1828 ait disparu, le parc conserve des traces de son aménagement paysager, aujourd’hui intégré au golf aménagé en 1988.