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Château de Sainte-Anne dans le Doubs

Château de Sainte-Anne

    Route Sans Nom25270 Sainte-Anne

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Époque contemporaine
0
100
1200
1300
1400
1500
1600
2000
7-10 juillet 1674
Dernier siège comtois
6-20 février 1668
Capitulation face au duc de Luxembourg
1235
Construction initiale
1340
Affranchissement du bourg
vers 1479
Prise par Louis XI
1639
Siège de Saxe-Weimar
1676
Démantèlement ordonné
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Hugues de Rans - Seigneur féodal Constructeur de la première maison-forte (1235).
Jean Ier de Chalon - Seigneur et renforçateur Transforme le site en forteresse de pierre.
Jean Girardot de Nozeroy - Défenseur en 1639 Résiste aux troupes de Saxe-Weimar.
Ferdinand de Visemal de Fallerans - Commandant en 1668 Capitule après 14 jours de siège.
Claude Baland - Dernier commandant comtois Dirige la garnison en 1674.
Jacques Henri de Durfort - Général de Louis XIV Preneur du château en 1674.

Origine et histoire

Le château de Sainte-Anne est un château fort médiéval dont les ruines se trouvent sur la commune de Sainte-Anne, dans le département du Doubs (région Bourgogne-Franche-Comté). Construit sur un promontoire rocheux à plus de 300 mètres d’altitude, il surplombait les vallées de l’Arcange, du Lison et du ruisseau de Châteaurenaud. Son emplacement stratégique, protégé par des falaises calcaires sur trois côtés, en faisait une forteresse quasi imprenable, renforcée par un fossé taillé dans le roc, une tour carrée et des courtines reliant deux autres tours. Un pont en pierre, précédé d’une barbacane en forme de pointe de disque, permettait l’accès à l’enceinte, tandis qu’une source inépuisable et des citernes assuraient l’autonomie en eau. Une poterne secrète, la porte du Coulou, offrait une issue de secours vers l’abbaye de Migette en cas de siège.

L’histoire du château débute en 1235, lorsque Hugues de Rans érige une maison-forte en bois sur le promontoire. Quelques décennies plus tard, Jean Ier de Chalon, seigneur endetté par la famille de Rans, y construit une forteresse en pierre pour sécuriser la route du sel. Le bourg castral et son église, séparés du château par un fossé, obtiennent leur affranchissement en 1340, calqué sur celui de Montmahoux (1267). La place forte, assiégée à plusieurs reprises, tombe aux mains des troupes de Louis XI vers 1479, avant de jouer un rôle dans la bataille de Dournon (1493). Au XVIe siècle, Gilbert Cousin la décrit comme une « vraie place forte, célèbre entre tous », soulignant son caractère inexpugnable.

Le château de Sainte-Anne connaît trois sièges marquants au XVIIe siècle. En 1639, Bernard de Saxe-Weimar échoue à le prendre malgré des ruses, défendu par Jean Girardot de Nozeroy. En 1668, pendant la guerre éclair, il capitule après 14 jours sous les assauts du duc de Luxembourg, commandé par Ferdinand de Visemal. En 1674, Jacques Henri de Durfort s’en empare après trois jours, marquant la fin de la résistance comtoise. Louis XIV ordonne son démantèlement en 1676. Aujourd’hui, il ne reste que des vestiges : le fossé rocheux, des encoches suggérant des structures en bois, et un mur cyclopéen en pierres à bossages.

Les ruines actuelles permettent encore d’imaginer l’ampleur de cette forteresse. Le fossé profond, taillé dans la roche, témoigne de son système défensif sophistiqué. La poterne du Coulou, protégée par une bouche à feu, rappelle les stratégies d’évasion en cas de siège. Le site, bien que délabré, conserve une aura historique, liée à son rôle clé dans les conflits franco-comtois et à sa position dominante sur les vallées environnantes.

Liens externes

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