Origine et histoire
Le château de Sainte-Anne est un château fort médiéval dont les ruines se trouvent sur la commune de Sainte-Anne, dans le département du Doubs (région Bourgogne-Franche-Comté). Construit sur un promontoire rocheux à plus de 300 mètres d’altitude, il surplombait les vallées de l’Arcange, du Lison et du ruisseau de Châteaurenaud. Son emplacement stratégique, protégé par des falaises calcaires sur trois côtés, en faisait une forteresse quasi imprenable, renforcée par un fossé taillé dans le roc, une tour carrée et des courtines reliant deux autres tours. Un pont en pierre, précédé d’une barbacane en forme de pointe de disque, permettait l’accès à l’enceinte, tandis qu’une source inépuisable et des citernes assuraient l’autonomie en eau. Une poterne secrète, la porte du Coulou, offrait une issue de secours vers l’abbaye de Migette en cas de siège.
L’histoire du château débute en 1235, lorsque Hugues de Rans érige une maison-forte en bois sur le promontoire. Quelques décennies plus tard, Jean Ier de Chalon, seigneur endetté par la famille de Rans, y construit une forteresse en pierre pour sécuriser la route du sel. Le bourg castral et son église, séparés du château par un fossé, obtiennent leur affranchissement en 1340, calqué sur celui de Montmahoux (1267). La place forte, assiégée à plusieurs reprises, tombe aux mains des troupes de Louis XI vers 1479, avant de jouer un rôle dans la bataille de Dournon (1493). Au XVIe siècle, Gilbert Cousin la décrit comme une « vraie place forte, célèbre entre tous », soulignant son caractère inexpugnable.
Le château de Sainte-Anne connaît trois sièges marquants au XVIIe siècle. En 1639, Bernard de Saxe-Weimar échoue à le prendre malgré des ruses, défendu par Jean Girardot de Nozeroy. En 1668, pendant la guerre éclair, il capitule après 14 jours sous les assauts du duc de Luxembourg, commandé par Ferdinand de Visemal. En 1674, Jacques Henri de Durfort s’en empare après trois jours, marquant la fin de la résistance comtoise. Louis XIV ordonne son démantèlement en 1676. Aujourd’hui, il ne reste que des vestiges : le fossé rocheux, des encoches suggérant des structures en bois, et un mur cyclopéen en pierres à bossages.
Les ruines actuelles permettent encore d’imaginer l’ampleur de cette forteresse. Le fossé profond, taillé dans la roche, témoigne de son système défensif sophistiqué. La poterne du Coulou, protégée par une bouche à feu, rappelle les stratégies d’évasion en cas de siège. Le site, bien que délabré, conserve une aura historique, liée à son rôle clé dans les conflits franco-comtois et à sa position dominante sur les vallées environnantes.