Origine et histoire du Château de Savigny
Le château de Savigny-lès-Beaune est un château fort construit vers 1340 par Jean de Frolois, Maréchal du duché de Bourgogne, pour le duc Eudes IV de Bourgogne. Ce monument médiéval, caractéristique de l’architecture défensive du XIVe siècle, était entouré de fossés et flanqué de tours rondes. Il fut partiellement détruit en 1478 sur ordre de Louis XI, après que son propriétaire eut soutenu Marie de Bourgogne et Maximilien Ier contre le roi durant la guerre de succession de Bourgogne. Seuls les corbeaux des mâchicoulis, visibles sur deux tours, subsistèrent après ce démantèlement.
Au début du XVIIe siècle, le château devint la propriété de la famille Bouhier. Étienne Bouhier, puis son fils Jean Bouhier de Savigny, entreprirent d’importants travaux de restauration et d’embellissement. Jean Bouhier fit notamment construire le Petit Château en 1671 et installera un grand escalier intérieur inspiré de celui du château de Maisons-Laffitte, conçu par Mansart. En 1689, la propriété passa à la famille de Migieu, puis par alliance au général comte de La Loyère. Le château servit brièvement de résidence forcée en 1719 à la duchesse du Maine, exilée en Bourgogne.
Au XXe siècle, le château fut acquis en 1979 par Michel Pont, viticulteur et collectionneur passionné de mécanique. Il y installa plusieurs musées abritant des collections uniques : avions de chasse (record Guinness en 2018), voitures Abarth, motos anciennes, et outils viticoles. Classé monument historique depuis 1940, le site attire aujourd’hui environ 30 000 visiteurs annuels, alliant patrimoine architectural, histoire viticole et muséographie mécanique.
Architecturalement, le château adopte un plan en U avec quatre tours rondes aux angles, couvertes de toits en poivrière. Les façades, en moellons de pierre, sont percées de baies rectangulaires, d’oculi et de lucarnes à fronton triangulaire. Le Petit Château, de plan convexe, se distingue par ses toits à croupes et ses baies ovales ou en archère. L’ensemble, entouré d’un parc traversé par le Rhoin, illustre l’évolution du site du Moyen Âge à l’époque moderne.
Le domaine est également lié à l’histoire viticole bourguignonne : Jules Guyot, spécialiste de la vigne et auteur d’ouvrages de référence, y décéda en 1872. Le comte de La Loyère, président du Comité Viticulture de la Côte-d’Or (1854–1879), y collaborait avec Guyot. Aujourd’hui, le château reste un témoignage vivant de l’alliance entre patrimoine historique, culture viticole et passion mécanique.