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Château de Théobon à Loubès-Bernac dans le Lot-et-Garonne

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château
Lot-et-Garonne

Château de Théobon

    D244
    47120 Loubès-Bernac
Propriété privée
Château de Théobon
Château de Théobon
Château de Théobon
Crédit photo : Jack ma - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1327
Première mention écrite
1586
Défaite de Castillon
1649
Prise du Château-Trompette
XVIe siècle
Transformation en résidence
1670–1672
Liaison avec Louis XIV
1685
Révocation de l'édit de Nantes
1783
Vente du château
1924
Vente d'une cheminée
5 novembre 1962
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château de Théobon (ensemble) (cad. F 899) : inscription par arrêté du 5 novembre 1962

Personnages clés

Gaubert de Mayrac - Premier seigneur attesté Mentionné en 1327
Jean Ier de Rochefort - Baron protestant et militaire Blessé à Castillon (1586)
Charles II de Rochefort - Marquis et frondeur Prise du Château-Trompette (1649)
Lydie de Rochefort-Théobon - Favorite de Louis XIV Demoiselle d’honneur puis maîtresse
Charles Bordeaux de Rochefort - Dernier seigneur protestant Emprisonné à la Bastille
Daniel-Marie Anne de Talleyrand-Périgord - Acquéreur par mariage Famille noble propriétaire

Origine et histoire

Le château de Théobon, édifié au XIVe siècle comme forteresse, fut profondément remanié aux XVIe et XVIIe siècles pour devenir une demeure résidentielle. Situé sur un pech (colline) à Loubès-Bernac (Lot-et-Garonne), il offrait une vue panoramique et des défenses naturelles. Les premières traces écrites datent de 1327, lorsque Gaubert de Mayrac s’en déclare seigneur. La seigneurie passa ensuite aux familles Ségur et Pierre-Buffière par alliances, avant d’être acquise au XVIe siècle par les Rochefort de Saint-Angel, une lignée protestante engagée dans les guerres de Religion.

Au XVIe siècle, Jean Ier de Rochefort, baron de Théobon et captal de Puychagut, illustre l’engagement militaire protestant de la famille. Protestant convaincu, il combat aux côtés des huguenots, notamment à Castillon (1586) et en Bourgogne sous le maréchal de Biron (1595). Son fils, Charles II, marquis de Théobon, joue un rôle clé pendant la Fronde en Guyenne, oscillant entre rébellion et soumission à la couronne. Le château, transformé en résidence aristocratique au XVIIe siècle, abrite alors un culte protestant jusqu’à son interdiction en 1684, reflétant les tensions religieuses de l’époque.

La famille Rochefort marque aussi l’histoire du château par ses liens avec la cour royale. Lydie de Rochefort-Théobon, fille de Jean II, devient demoiselle d’honneur de la reine Marie-Thérèse d’Autriche avant de devenir la maîtresse de Louis XIV (1670–1672, 1676). Sa conversion au catholicisme en 1685, sous la pression de la révocation de l’édit de Nantes, symbolise les bouleversements religieux du règne. Le château passe ensuite aux Talleyrand-Périgord par mariage en 1725, avant d’être vendu en 1783 au capitaine Brie de Teysson.

La Révolution française entraîne des dégradations majeures : les tours sont rasées, les métaux réquisitionnés, et des parties abandonnées aux XIXe et XXe siècles. Une cheminée remarquable, vendue en 1924, orne aujourd’hui un salon de l’université Harvard. Classé monument historique en 1962, le château conserve des éléments architecturaux notables, comme un escalier en fer forgé du XVIIe siècle, des plafonds peints (mythologies d’Icare et Phaéton), et des boiseries du XVIIIe siècle. Son organisation autour d’une cour rectangulaire, avec corps de logis et ailes en équerre, témoigne de ses transformations successives.

L’histoire de Théobon reflète les mutations politiques et religieuses de la France moderne. D’abord forteresse médiévale, il devient un lieu de pouvoir protestant sous les Rochefort, puis un symbole des alliances nobles avec la couronne. Les modifications architecturales (pont-levis remplacé par un pont de pierre, fenêtres bouchées, galerie inachevée) et les vicissitudes révolutionnaires en font un témoignage complexe des époques traversées. Aujourd’hui, son inscription aux monuments historiques préserve ce patrimoine lié à l’Agenais et à la Nouvelle-Aquitaine.

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