Construction du donjon fin XIIIe - début XIVe siècle (≈ 1425)
Donjon rectangulaire et enceinte initiale édifiés.
XVIe siècle
Transformation majeure
Transformation majeure XVIe siècle (≈ 1650)
Corps de logis nord et tours d'angle ajoutés.
fin XVIe - début XVIIe siècle
Aménagement de l'escalier
Aménagement de l'escalier fin XVIe - début XVIIe siècle (≈ 1725)
Escalier du donjon réaménagé.
1941-1942
Internement des Juifs
Internement des Juifs 1941-1942 (≈ 1942)
308e GPTE installé au château.
23 août 1942
Déportation vers Auschwitz
Déportation vers Auschwitz 23 août 1942 (≈ 1942)
85 détenus juifs déportés.
9 février 2009
Inscription monument historique
Inscription monument historique 9 février 2009 (≈ 2009)
Protection officielle du château.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le château avec son enceinte, son fossé et le pont qui enjambe ce dernier, en totalité (cad. D 461) : inscription par arrêté du 9 février 2009
Personnages clés
Famille Cieutat - Repreneurs du château
Reprirent Tombebouc après la guerre.
Fumel-Montaigu - Propriétaires ultérieurs
Succédèrent aux Cieutat au château.
Origine et histoire
Le château de Tombebouc, situé sur un éperon rocheux surplombant la vallée de l'Autonne à Allez-et-Cazeneuve, est un édifice médiéval dont les origines remontent à la fin du XIIIe ou au début du XIVe siècle. Son donjon rectangulaire, entouré d'une enceinte et d'un fossé, témoigne de son rôle défensif initial. À cette époque, le château était lié à la baronnie de Pujols, et son architecture reflétait les besoins stratégiques d'une région marquée par les conflits, notamment la guerre de Cent Ans. À la fin de cette guerre, le site aurait abrité une bande de brigands dont les exactions atteignirent Agen, avant d'être repris par la famille Cieutat.
À partir du XVIe siècle, le château connut d'importantes transformations architecturales. Un corps de logis nord, doté d'une grande salle, fut construit, tandis que quatre tours d'angle munies de canonnières renforcèrent son enceinte extérieure. Ces aménagements reflètent l'évolution des techniques militaires et le besoin croissant de confort pour ses occupants. L'escalier du donjon, quant à lui, fut aménagé à la fin du XVIe ou au début du XVIIe siècle. Le château changea plusieurs fois de mains, passant notamment aux Fumel-Montaigu après sa reprise par les Cieutat.
Au XIXe siècle, le château fut partiellement transformé pour des usages agricoles, notamment après la crise du phylloxéra qui frappa la région. Des écuries furent reconstruites, un pont fut édifié pour franchir le fossé, et une vaste grange-étable à charpente suspendue fut ajoutée. Ces modifications illustrent l'adaptation du site à de nouvelles fonctions économiques, loin de son rôle militaire initial.
Durant la Seconde Guerre mondiale, le château de Tombebouc fut réquisitionné par le régime de Vichy pour servir de centre d'internement. En 1941-1942, il abritait le 308e GPTE (Groupement Palestinien de Travailleurs Étrangers), composé principalement de Juifs étrangers, appelés « Palestiniens » par l'administration. Ces 85 détenus furent déportés à Auschwitz via Drancy le 23 août 1942, après un regroupement ordonné par le préfet de Lot-et-Garonne. Cet épisode sombre marque profondément l'histoire du lieu.
Le château fut inscrit aux monuments historiques le 9 février 2009, reconnaissant ainsi sa valeur patrimoniale et mémorielle. Aujourd'hui, il reste un témoignage architectural des évolutions militaires, sociales et tragiques qui ont marqué le sud-ouest de la France, du Moyen Âge à la Seconde Guerre mondiale.