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Château de Villette à Glaire dans les Ardennes

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château
Ardennes

Château de Villette à Glaire

    2-4 Rue de l'Église
    08200 Glaire
Crédit photo : NEUVENS Francis - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1552
Destruction de la maison forte
2e moitié XVIe siècle
Reconstruction Renaissance
1797
Mort de Nicolas Philbert
fin XVIIIe siècle
Transformation par Maucomble
1982
Redécouverte de la tombe
1996
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Corps de logis ; façades et toitures des communs et du pigeonnier ; jardin en totalité avec son mur d'enceinte et sa grille en fer forgé ; allée d'accès au château (cad. AB 132, 115, 112, 133) : inscription par arrêté du 11 mars 1996

Personnages clés

Martin van Rossum - Lieutenant de Charles Quint Responsable de la destruction en 1552.
Jean-François Maucomble - Seigneur engagiste de Glaire Transforme le château au XVIIIe siècle.
Jean-François Nicolas Joseph Maucomble - Général sous l’Empire Fils du précédent, héritier du domaine.
Nicolas Philbert - Évêque constitutionnel de Sedan Caché et mort au château en 1797.
Famille Kistemann - Négociants en laine de Sedan Propriétaires et rénovateurs au XIXe siècle.

Origine et histoire

Le château de Villette à Glaire, dans les Ardennes, trouve ses origines dans une maison forte médiévale détruite en 1552 lors des raids de Martin van Rossum, lieutenant de Charles Quint. Les trois travées ouest de la façade actuelle, flanquées de tours rondes, furent reconstruites dans la seconde moitié du XVIe siècle. Ce premier édifice, de style Renaissance, comportait un vestibule central séparant deux grandes salles. La tradition locale rapporte que Mazarin s’y serait brièvement réfugié pendant la Fronde des Princes (1648-1653), bien que cette information reste anecdotique.

Au XVIIIe siècle, le château est acquis par Jean-François Maucomble, seigneur engagiste de Glaire et père du futur général d’Empire Jean-François Nicolas Joseph Maucomble. Ce dernier transforme radicalement la propriété : il ajoute le pavillon nord en saillie, homogénéise la façade principale à cinq travées, revoit les ouvertures (consoles et clés de fenêtre de style Régence), et aménage un jardin. Un balcon en fer forgé orne la façade nord, tandis qu’une troisième tour, dotée d’une galerie et d’un passage en encorbellement, est construite à l’arrière. Les communs en L, fermant partiellement la cour d’honneur, incluent un pigeonnier-porche et une entrée monumentale.

Pendant la Révolution, la famille Maucomble protège Nicolas Philbert, évêque constitutionnel de Sedan, qui meurt au château en juin 1797. Enterré discrètement dans le cimetière attitré à l’église du domaine, sa tombe disparaît avant d’être redécouverte en 1982, avec une plaque de marbre portant l’épitaphe : « À la vue du loup, il ne s’enfuit pas et n’abandonna pas ses brebis ». Cette sépulture, réinhumée solennellement, témoigne du rôle refuge du château durant les persécutions religieuses.

Au XIXe siècle, le domaine passe aux mains des Kistemann, négociants en laine de Sedan, qui entreprennent de nouveaux remaniements : façade arrière modifiée, ajout d’un jardin d’hiver et d’une galerie de passage, et création d’un bassin remplaçant une aile de communs manquante. Après un abandon partiel post-Seconde Guerre mondiale, le château, inscrit aux monuments historiques en 1996, est restauré. Aujourd’hui propriété privée, il propose des locations de salles pour événements et un gîte d’hôtes, tout en conservant son environnement champêtre en bord de Meuse.

L’architecture du château mêle ainsi des éléments défensifs hérités du XVIe siècle (tours rondes, caves médiévales) à des décors plus raffinés des XVIIIe et XIXe siècles (balcon en fer forgé, sculptures Régence). Son histoire reflète les bouleversements politiques et religieux de la région, depuis les guerres de Charles Quint jusqu’à la Révolution, en passant par son rôle de résidence seigneuriale puis bourgeoise.

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