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Château Déjean à Villariès en Haute-Garonne

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château
Haute-Garonne

Château Déjean

    761 Chemin du Poubil
    31380 Villariès

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1570
Destruction du château fort
Début XVIIe siècle (après 1621)
Reconstruction par Jean De Jean
1754
Achat par Jean Toulza
1787
Gypseries du salon
19 mars 1998
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures du château et de ses communs, la cage d'escalier, le salon de compagnie et deux chambres de l'étage au décor de stuc dans le château ainsi que la chapelle en totalité (cad. ZA 5) : inscription par arrêté du 19 mars 1998

Personnages clés

Jean De Jean - Procureur au Sénéchal de Toulouse Reconstructeur du château après 1621.
Jean Toulza - Négociant toulousain Transforme le château en résidence rococo (1754).

Origine et histoire

Le château Déjean s’élève à Villariès sur les vestiges d’un château fort détruit en 1570 pendant les guerres de Religion. Au début du XVIIe siècle, Jean De Jean, procureur au Sénéchal de Toulouse, entreprend sa reconstruction dans un style encore marqué par des éléments défensifs : corps de logis quadrilatère flanqué de quatre tours d’angle à encorbellement, dotées de meurtrières. Les caves voûtées et le vivier, mentionnés dans les archives, datent de cette période charnière entre Moyen Âge et époque moderne.

Au XVIIIe siècle, le négociant Jean Toulza acquiert le domaine en 1754 et en fait une demeure de plaisance. Il modernise radicalement l’édifice : percement des façades sud, ajout d’une terrasse, construction d’ailes latérales symétriques abritant des communs et une chapelle, et décoration intérieure fastueuse. Les gypseries du Salon des Arts Libéraux et du Négoce (1787) et la cage d’escalier illustrent ce faste. La chapelle, ornée d’un fronton à anges musiciens en stuc, abrite sa sépulture.

L’architecture actuelle mêle ainsi deux époques distinctes : la structure massive du XVIIe siècle, conçue pour la défense, et les ajouts rococo du XVIIIe, reflétant l’ascension sociale de la bourgeoisie marchande toulousaine. Classé Monument Historique en 1998 pour ses façades, toitures, décors intérieurs et chapelle, le château conserve aussi des traces de son usage agricole et résidentiel, avec des communs et une adresse précise au 761 Chemin du Poubil.

Les transformations successives révèlent les stratégies d’affirmation sociale de ses propriétaires. La famille De Jean, anoblie par des charges judiciaires, cède la place à Jean Toulza, dont la fortune issue du commerce finance les aménagements luxueux. Ces métamorphoses architecturales incarnent le passage d’une noblesse de robe terrienne à une élite économique ouverte aux Lumières, tout en préservant des éléments médiévaux symboliques, comme les tours d’angle.

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