Frise chronologique
vers 1050
Construction de la forteresse
Construction de la forteresse
vers 1050 (≈ 1050)
Jean de Beaugency édifie le château sur une île.
1081
Siège et destruction
Siège et destruction
1081 (≈ 1081)
Foulques-le-Réchin brûle la forteresse.
1230
Visite de Saint-Louis
Visite de Saint-Louis
1230 (≈ 1230)
Le roi prie dans la chapelle.
1640
Cession aux Carmes
Cession aux Carmes
1640 (≈ 1640)
Les religieux transforment le château en couvent.
1794
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1794 (≈ 1794)
Acquis par François Bertron.
1919
Incendie dévastateur
Incendie dévastateur
1919 (≈ 1919)
Seule la tour du XVe siècle résiste.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Inscrit MH
Personnages clés
| Jean de Beaugency - Seigneur de La Flèche |
Fondateur de la forteresse vers 1050. |
| Foulques-le-Réchin - Comte d’Anjou |
Assiège et brûle le château en 1081. |
| Saint-Louis - Roi de France |
Visite la chapelle en 1230. |
| Louis XIII - Roi de France |
Séjourne en 1620, cède la chapelle. |
| François Bertron - Commerçant |
Achète le château comme bien national. |
Origine et histoire
Le château des Carmes trouve ses origines au XIe siècle, lorsque Jean de Beaugency, seigneur de La Flèche, choisit d’édifier une forteresse sur une île du Loir vers 1050. Protégée par des fortifications hydrauliques et des avant-postes, cette position stratégique lui permet de contrôler le trafic commercial entre Blois et Angers en instaurant des droits de passage. La forteresse, brûlée en 1081 par Foulques-le-Réchin puis reconstruite, abrite aussi une chapelle, Notre-Dame-du-Chef-du-Pont, visitée par Saint-Louis en 1230 et Thomas Becket. Occupée par les Anglais pendant la guerre de Cent Ans, elle est libérée en 1418.
Au XVe siècle, René d'Alençon reconstruit partiellement le château, mais celui-ci, jugé inconfortable, est délaissé au profit du « Château-Neuf ». En 1620, Louis XIII y séjourne et, consterné par son état, cède la chapelle aux Cisterciens en 1623. Ces derniers la rétrocèdent aux Carmes en 1640, qui transforment la forteresse en couvent après avoir rasé une grande partie des bâtiments médiévaux. Les religieux y restent jusqu’à la Révolution, quand le site est vendu comme bien national en 1794 à François Bertron, un commerçant.
Au XXe siècle, le château devient un enjeu municipal. Acheté en 1907 par un marchand de biens pour être rétrocédé à la ville, il est destiné à accueillir la mairie, alors située dans l’ancienne Halle-au-Blé. Un incendie ravage une grande partie des bâtiments en 1919, ne laissant debout que la tour du XVe siècle. Reconstruit partiellement, le château abrite finalement la mairie à partir de 1928. En 1994, une extension moderne est ajoutée pour répondre aux besoins administratifs, tandis que les espaces historiques accueillent aujourd’hui expositions et cérémonies.
D’un point de vue architectural, le château occupe deux îlots dans un méandre du Loir. Seule subsiste la tour médiévale du XVe siècle, remaniée avec des tourelles néo-classiques en 1880. Le corps de logis, reconstruit par les Carmes, comprend un étage carré et un comble. L’ancienne chapelle, séparée par un cloître d’eau, et la cour d’honneur fermée par une grille monumentale complètent l’ensemble. Les ajouts contemporains, signés par des architectes comme Adrien Fainsilber, s’intègrent à l’angle sud-est du site.