Construction du château début XVIe siècle (≈ 1604)
Édifié par la famille Bouquetot.
1611
Héritage de Suzanne de Bouquetot
Héritage de Suzanne de Bouquetot 1611 (≈ 1611)
Fille aînée de Jean III, épouse Montgomery.
1638
Enlèvement de Tancrède de Rohan
Enlèvement de Tancrède de Rohan 1638 (≈ 1638)
Kidnappé depuis le château.
1696
Passage à la famille Bence
Passage à la famille Bence 1696 (≈ 1696)
Construction des communs.
1954
Création de la distillerie
Création de la distillerie 1954 (≈ 1954)
Transformation de la cidrerie par Bizouart.
2023
Reprise par la famille Montesano
Reprise par la famille Montesano 2023 (≈ 2023)
Nouvelle gouvernance et diversification.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures du corps de logis et des dépendances ; porte d'entrée ; douve : inscription par arrêté du 9 septembre 1933
Personnages clés
Jean III de Bouquetot - Seigneur du Breuil (XVIe siècle)
Propriétaire initial, père de Suzanne.
Suzanne de Bouquetot - Héritière (1611–1658)
Épouse Gabriel II de Montgomery.
Gabriel II de Montgomery - Comte et propriétaire
Fils du régicide d’Henri II.
Jeanne-Philippe Bence - Héritière (XVIIIe siècle)
Fille d’Adrien Bence, bourgeois.
Philippe Bizouart - Fondateur de la distillerie (1954)
Lance la marque de calvados.
Roberto Montesano - PDG actuel (depuis 2023)
Copropriétaire avec sa famille.
Origine et histoire
Le château du Breuil, construit au début du XVIe siècle sur l’emplacement d’un fief médiéval, est situé au cœur du Breuil-en-Auge (Calvados), entouré par les bras de la rivière Touques. La famille Bouquetot, propriétaire dès le XIVe siècle, y réside jusqu’au XVIIe siècle. Jean III de Bouquetot, seigneur du lieu, n’ayant que des filles, transmet le domaine à sa fille aînée, Suzanne, en 1611. Celle-ci, mariée au comte Gabriel II de Montgomery (fils du célèbre régicide de Henri II), conserve le château jusqu’en 1658. En 1638, le domaine est le théâtre d’un enlèvement spectaculaire : Tancrède de Rohan, confié à la garde des Montgomery, y est kidnappé et emmené en Hollande.
Au XVIIe siècle, le château passe aux mains de la famille Bence, qui érige les communs. Jeanne-Philippe Bence en hérite de son père, Adrien, un riche bourgeois de Lisieux. En 1758, la propriété est transmise à la famille Rioult. Dès le XVIIIe siècle, le domaine se diversifie économiquement : une filature de lin, puis une fromagerie (remplacée au XIXe siècle par une chocolaterie), s’y installent. En 1946, une cidrerie succède à ces activités, avant d’être transformée en distillerie en 1954 par Philippe Bizouart, qui lance la marque de calvados éponyme.
Depuis 1954, le château allie production de spiritueux (calvados, pommeau, rhums, whiskies), tourisme (40 000 visiteurs annuels) et négoce. Le domaine, qui s’étend sur 42 hectares de vergers classés en AOC Pays d’Auge, produit plus de 300 000 bouteilles par an. En 2023, après une période sous contrôle du groupe suisse Diwisa (1990–2020), il est repris par la famille Montesano, qui développe de nouvelles gammes de spiritueux sous la marque La Spiriterie Française.
Architecturalement, le château se distingue par son long corps de logis en brique et pierre, flanqué de deux pavillons à colombages du XVIe siècle, typiques du style normand. Le parc, en forme d’île boisée ceinte par la Touques, abrite des arbres centenaires (hêtres pourpres, séquoias, tilleuls). Les façades, toitures, et douves sont classées monuments historiques depuis 1933.
Aujourd’hui, le château du Breuil reste un symbole du patrimoine augeron, mêlant histoire seigneuriale, innovation économique et rayonnement culturel. Son modèle alliant préservation du bâti, activité agricole et tourisme en fait un cas unique en Normandie.
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