Origine et histoire du Château du Clos de Vougeot
Le château du Clos de Vougeot trouve ses origines au XIIe siècle, lorsque les moines cisterciens de l’abbaye de Cîteaux, fondée en 1098, acquièrent des terres viticoles autour de Vougeot. Entre 1109 et 1115, ils constituent le clos de Vougeot, un vignoble ceint de murs, et y bâtissent progressivement des bâtiments d’exploitation : une cuverie en forme de cloître (XVe siècle) équipée de pressoirs monumentaux, un cellier semi-enterré de 2 000 fûts, et un grenier-dortoir pour les frères convers. Ces constructions, dédiées à la vinification et au stockage, reflètent l’ingéniosité monastique pour maîtriser la production viticole.
Au XVIe siècle, Dom Jean XI Loisier, 48e abbé de Cîteaux, transforme le site en ajoutant un manoir de style Renaissance (inspiré du Louvre d’Henri II) comme résidence personnelle. Ce remaniement donne au château son aspect actuel, alliant héritage médiéval et élégance renaissante. La Révolution française marque un tournant : en 1790, le domaine est confisqué comme bien national, mettant fin à sept siècles de gestion cistercienne.
Au XIXe siècle, le château passe entre les mains de la famille Ouvrard, puis du négociant Léonce Bocquet, qui le sauve de la ruine en 1889 en restaurant ses salles Renaissance. Après sa mort en 1913, le site est vendu à Étienne Camuzet, avant d’être acquis en 1944 par la Confrérie des Chevaliers du Tastevin. Cette dernière, dédiée à la promotion des vins de Bourgogne, en fait un symbole culturel : le château accueille aujourd’hui des événements œnologiques (comme les Journées mondiales de l’œuf en meurette) et abrite le siège des climats de Bourgogne, classés à l’UNESCO en 2015.
L’architecture du Clos de Vougeot illustre son double héritage : les bâtiments d’exploitation (cuverie, cellier) témoignent de l’époque médiévale et de l’ingénierie monastique, tandis que les ailes Renaissance, avec leurs fenêtres à meneaux, reflètent le prestige abbatial. Le domaine, toujours entouré de 50 hectares de vignes partagées par 80 propriétaires, reste un lieu vivant, célébrant le patrimoine viticole bourguignon à travers des festivals (Musique & Vin, Livres en Vignes) et des hommages, comme les roses qui portent son nom.