Origine et histoire
Le domaine du Coureau, aussi appelé château du Coureau, est implanté à cheval sur les communes de Salles-d'Angles (Charente) et Celles (Charente-Maritime), à 12 km de Cognac. Traversé par la rivière Né, il appartient à la famille Saulnier dès 1612, quand Jacques Saulnier, écuyer, l’acquiert de Charlotte de La Rochefoucauld. Les Saulnier, bien que nobles, restent vassaux des seigneurs de Salles et de Genté jusqu’à la Révolution, sans droit de justice. Le domaine inclut alors deux fiefs (Grand et Petit Coureau), estimés à 100 livres de rente annuelle en 1703.
En 1788, le dernier Saunier vend le Coureau à Antoine de Salignac, qui supprime sa particule pendant la Révolution. Son fils, Pierre-Antoine, développe le domaine viticole (25 ha de vignes en 1820) et fonde en 1838 la Société des Propriétaires Vinicoles de Cognac. Le cadastre de 1850 révèle un logis du XVIIIe siècle, organisé autour d’une cour carrée, avec cinq bâtiments : le Grand Coureau (logis), le Petit Coureau (ferme), une fuie, et deux moulins (à eau et à vent). En 1857, Georges de Salignac fait aménager un parc paysager par le comte de Choulot, incluant une pièce d’eau et une serre métallique conçue par les ateliers d’André Michelin.
Louis de Salignac construit vers 1870 le château actuel, accompagné d’une ferme et d’une serre innovante. À sa mort en 1907, le domaine passe aux Castillon du Perron, famille liée à la maison Hennessy. Charles Castillon du Perron, propriétaire de 1918 à 1938, ajoute une terrasse à colonnades et emploie sept jardiniers pour entretenir le parc de 25 hectares, planté de séquoias et cyprès chauves. Le domaine, toujours privé, combine exploitation agricole (vignes, bois certifiés PEFC) et résidence familiale. Depuis 2019, il est reconnu par la Fondation du Patrimoine et inscrit à l’Inventaire général.
Le château du Coureau a servi de décor à des tournages cinématographiques, comme The Cursed (2021, Sean Ellis) et le téléfilm Le crime lui va si bien (2021, France 2). Le parc, conçu pour l’agrément et l’exploitation, abrite aussi un moulin à vent pré-1625 et un pigeonnier du XVIIe siècle. Bien que non ouvert au public, le domaine reste un témoignage de l’histoire viticole et architecturale charentaise, toujours détenu par les descendants des Castillon du Perron.