Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Château du Lac dans le Puy-de-Dôme

Château du Lac

    2235 Route du Château du Lac
    63890 au Monestier
Propriété privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1261
Première mention écrite
7 avril 1577
Siège et destruction
1700–1852
Ère Madur du Lac
1828
Peintures murales
10 septembre 2009
Classement MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le château avec ses terrasses et jardins, en totalité (cad. AD 257, 259) : inscription par arrêté du 10 septembre 2009

Personnages clés

Béraud Palmartz - Chevalier (XIIIe siècle) Premier possesseur attesté en 1261.
Jean Faure - Seigneur protestant (XVIe siècle) Défend le château en 1577, exilé ensuite.
Famille Madur du Lac - Propriétaires (1700–1852) Restauration et décors intérieurs.
Jean RVAT - Peintre (1828) Auteur des fresques *départ des Alliés*.
Henri Pourrat - Écrivain (XXe siècle) Immortalise le château dans *Gaspard des montagnes*.

Origine et histoire

Le château du Lac, mentionné dès 1261 comme Domus et villa del Lac, était une maison forte tenue en fief par des chevaliers locaux. En 1286, Étienne du Lac adopte le nom du domaine, marquant l’ancrage de sa lignée. Au XVe siècle, la fortification est renforcée (1450–1463), stratégiquement située sur le Grand chemin reliant Clermont à Ambert, contrôlant l’accès via le col des Fourches. Le fief inclut alors étangs, moulins, et droits seigneuriaux, reflétant son importance économique locale.

Au XVIe siècle, le château devient un bastion protestant sous la famille Faure. Jean Faure, seul noble réformé de la région, s’allie au capitaine Merle pour piller Issoire et Ambert (1577). En représailles, l’armée catholique de Saint-Hérem assiège et détruit partiellement la forteresse le 7 avril 1577. La famille Faure fuit en Suisse, et le domaine passe en 1588 à Jean Bedias, puis par alliance aux du Floquet, qui entreprennent sa reconstruction au XVIIe siècle.

Les XVIIe–XVIIIe siècles transforment le Lac en résidence aristocratique. La famille Madur du Lac (1700–1852) aménage un parc à terrasses, ajoute boiseries et chambres à alcôves, et commande au XIXe siècle des peintures murales commémorant le départ des Alliés (1828), copiées d’un foulard de 1818. Ces décors, signés Jean RVAT, ornent le salon et une chambre, mêlant histoire nationale et symboles locaux. Le château inspire aussi Henri Pourrat, qui en fait le cadre de Gaspard des montagnes (XXe siècle), ancrant son imaginaire dans les légendes livradoises.

Architecturalement, le château conserve des traces de ses phases successives : archères, mâchicoulis, fossés, et une chambre de Barbe Bleue aux fresques naïves. Classé Monument Historique en 2009 avec ses jardins, il illustre l’évolution d’une maison forte en demeure patricienne, témoin des conflits religieux et des mutations sociales de l’Auvergne.

Les légendes locales, recueillies par Pourrat, évoquent des souterrains reliant le Lac à Ambert et des drames médiévaux, comme celui d’un meurtrier maudit par un capucin. Ces récits, mêlés à l’histoire des Faure et des Madur, soulignent le rôle du château comme pivot culturel et mémoriel du Livradois.

Liens externes