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Château du Plessis à Autry-Issards dans l'Allier

Château du Plessis

    Château du Plessis
    03210 Autry-Issards
Propriété privée

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1497
Construction autorisée
1553
Acquisition par Geoffroy Aubery
1726-1729
Destruction des jardins
1772
Effondrement partiel
13 février 1928
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château du Plessis : inscription par arrêté du 13 février 1928

Personnages clés

Jean-Nicolas du Plessis - Seigneur et commanditaire Obtient en 1497 l’autorisation de construire le château.
Pierre II de Bourbon - Duc autorisant la construction Accorde les droits de fortification en 1497.
Geoffroy Aubery - Propriétaire et mécène (vers 1553) Ajoute tapisseries et peintures glorifiant sa lignée.
Jean Aubery - Poète jésuite (XVIIe siècle) Décrit le domaine dans ses écrits.

Origine et histoire

Le château du Plessis, situé à Autry-Issards dans l’Allier (Auvergne-Rhône-Alpes), est une maison forte construite à la fin du XVe siècle, en 1497, sur autorisation de Pierre II, duc de Bourbon. Ce dernier accorde à Jean-Nicolas du Plessis, seigneur local et docteur en droit, le droit d’élever des fossés, des tours, des mâchicoulis, et un pont-levis pour renforcer la défense du site. Le château, de plan cruciforme, intègre des éléments défensifs innovants pour l’époque, comme des archères à trou central servant de latrines, des chemins de ronde intérieurs, et des contreforts ronds protégeant les angles des tirs de canon. Son architecture reflète une adaptation aux armes à feu, tout en conservant des espaces de confort, comme des cheminées gothiques flamboyantes peintes.

En 1553, le château passe entre les mains de Geoffroy Aubery, maire de Moulins, qui y ajoute des décors fastueux. Les intérieurs sont ornés de peintures murales et tapisseries illustrant la vie de Godefroy de Bouillon, mêlée à des allégories familiales (dauphins des armes Aubery). La chapelle, richement meublée, et les jardins en terrasses, fontaines et labyrinthes, témoignent de la prospérité du lieu jusqu’au XVIIe siècle. Cependant, des conflits familiaux au XVIIIe siècle entraînent son déclin : les jardins sont détruits entre 1726 et 1729, et une partie des bâtiments s’effondre en 1772. Sauvé de la ruine à la fin du XIXe siècle, le château est inscrit aux monuments historiques en 1928 pour son architecture militaire et ses décors intacts.

Le système défensif du Plessis se distingue par son austérité et son efficacité. La tour carrée nord, voûtée d’ogives, abrite des chemins de ronde éclairés par des archères, tandis que la tour sud, coiffée de mâchicoulis, abrite l’escalier et une pièce de défense. Deux tours isolées, anciennes flanques du pont-levis disparu, servaient de chapelle et de colombier. Ces éléments, combinés à des fausses canonnières dissuasives et des contreforts en échauguette, illustrent une transition entre le château médiéval et la forteresse adaptée à l’artillerie. Les décors intérieurs, comme les blasons peints et les cheminées gothiques, soulignent le statut social de ses propriétaires, entre fonction militaire et résidence seigneuriale.

Les Aubery, famille propriétaire à partir du XVIe siècle, marquent durablement le château. Geoffroy Aubery y célèbre sa lignée à travers des scènes historiques mêlant croisés et dauphins, symboles héraldiques de la famille. Son descendant, le poète jésuite Jean Aubery, décrit au XVIIe siècle un domaine encore fastueux, avec des jardins en terrasses, des fontaines, et une charmille en labyrinthe. Cependant, les divisions familiales au XVIIIe siècle accélèrent sa dégradation, jusqu’à sa restauration partielle au XIXe siècle. Aujourd’hui, le château conserve des éléments rares, comme une porte en fer ouvragé ajoutée à la tour carrée, et des traces de pigments noirs sur les cheminées, témoignages de sa décoration originale.

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