Origine et histoire du Château du Tauzia
Le château du Tauzia, situé à Maignaut-Tauzia dans le Gers, est un édifice emblématique du « type gascon », construit au début du XIIIe siècle. Son nom dérive de tauzin, désignant le chêne noir, et il se distingue des autres châteaux homonymes, comme celui de Gradignan en Gironde. Bien que mentionné pour la première fois en 1362 sous la propriété de Menaud de Barbazan, ses origines remontent aux seigneurs locaux attestés dès le XIIe siècle, qui en firent leur résidence fortifiée.
En 1479, la famille de Barbazan cède le château, ses terres et dépendances à Jean de Marestang, fils cadet du vicomte de Cogotois, marquant le début d’une longue possession familiale. Pendant près de deux siècles, plus de dix générations de Marestang se succèdent, dont Jean II, qui modernise l’édifice au XVIe siècle : il remplace les archères par des fenêtres à meneaux et ajoute un escalier circulaire sur la façade sud-ouest, reflétant l’influence des guerres d’Italie.
Un arbitrage en 1595 divise la seigneurie : Savaric de Marestang hérite du « petit Tauzia », qu’il lègue à sa mort en 1636 à Guillaume de Boyer, beau-frère de Jean de Marestang. En 1640, Guillaume de Marestang vend le château à Hector de Gelas, marquis de Leberon, qui l’abandonne après cinq ans. Endommagé pendant la Fronde, le château tombe en ruine malgré une tentative d’acquisition en 1665 par Joseph Savarin de Marestang, empêchée par l’ampleur des travaux nécessaires. Il passe alors aux mains de la famille de La Forcade du Pin jusqu’au XIXe siècle.
Classé monument historique en 1932 (désormais déclassé), le château se caractérise par un corps rectangulaire flanqué de deux tours, dont une carrée protégeant l’entrée. L’intérieur, divisé par un mur de refend au XVIe siècle, perd son escalier au XIXe. Les ruines, privées et non visitable, témoignent de son évolution architecturale, entre défense médiévale et adaptations Renaissance, avant son déclin progressif.
La façade sud, percée de baies à meneaux vers 1500, illustre cette transition stylistique. Une brèche visible marque l’emplacement de l’ancien escalier, détruit après l’abandon du site. Aujourd’hui propriété de Jean Immer, agriculteur retraité, le château reste un vestige majeur du patrimoine gascon, étudié par des historiens comme Philippe Lauzun ou Jacques Gardelles, qui soulignent son rôle dans l’histoire locale et son architecture représentative des châteaux de la région.