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Château royal de Senlis dans l'Oise

Château royal de Senlis

    10 Impasse Baumé
    60300 Senlis

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1300
1700
1800
1900
2000
987
Mort de Louis V et élection d'Hugues Capet
1130
Reconstruction par Louis le Gros
1142
Consécration de la chapelle Saint-Denis
1262-1264
Fondation du prieuré Saint-Maurice
1768
Suppression du prieuré
1862
Classement des ruines
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Classé MH

Personnages clés

Hugues Capet - Roi des Francs (987–996) Élu roi après la mort de Louis V.
Louis VI (Louis le Gros) - Roi de France (1108–1137) Reconstruit le château vers 1130.
Saint Louis (Louis IX) - Roi de France (1226–1270) Fonda le prieuré Saint-Maurice.
Charles V - Roi de France (1364–1380) Transforma une tour en oratoire.
Philippe Auguste - Roi de France (1180–1223) Signa le traité de Senlis (1183).
Charles le Chauve - Roi de Francie occidentale (843–877) Utilisa Senlis comme palais royal.

Origine et histoire

Le château royal de Senlis trouve ses origines à l’époque mérovingienne, bien que ses vestiges actuels datent principalement de la reconstruction entreprise par Louis VI (Louis le Gros) vers 1130. Le site, déjà mentionné comme palais carolingien, fut le théâtre d’événements majeurs, dont la mort accidentelle de Louis V en 987, déclenchant l’élection d’Hugues Capet comme roi des Francs. Le château servit de résidence royale jusqu’au XVIe siècle, avant de tomber en ruines et d’être partiellement démoli aux XVIIIe et XIXe siècles. Ses vestiges, adossés à l’enceinte gallo-romaine, incluent une tour du Xe siècle, une porte fortifiée du XIIIe siècle, et des fragments de la chapelle royale Saint-Denis, consacrée en 1142.

Le prieuré Saint-Maurice, fondé par Saint Louis entre 1262 et 1264, fut édifié pour abriter des reliques de saint Maurice et de ses compagnons, reçues en échange d’épines de la Sainte Couronne. Sa chapelle, inspirée de la Sainte-Chapelle de Paris, accueillit des cérémonies fastueuses comme l’inauguration en 1264 en présence du roi. Le prieuré, initialement occupé par douze chanoines, déclina au XVIIIe siècle et fut supprimé en 1768. Ses bâtiments restants, dont le logis du prieur (XVIIIe siècle) et le dortoir des moines (XIIIe–XVIe siècles), furent préservés et intégrés au patrimoine municipal après leur acquisition par la ville de Senlis en 1956.

Les ruines du château et du prieuré, situées sur un même domaine aménagé en parc, illustrent près de mille ans d’histoire royale et religieuse. Le site, classé monument historique dès 1862 et protégé en 1948, abrite aujourd’hui le musée de la Vénerie dans l’ancien logis du prieur. Les fouilles archéologiques, bien que partiellement perdues, ont révélé des éléments clés comme la tour carrée du Xe siècle, écrêtée au XVIIe siècle, ou les arcades gothiques de la chapelle royale. L’ensemble, accessible gratuitement (sauf le mardi), offre un témoignage rare de l’architecture palatiale médiévale et de son évolution.

Parmi les événements marquants, le traité de Senlis (1183) et les noces de Philippe Auguste avec Isabelle de Hainaut (1184) furent probablement signés au château. Charles V y fit aménager un oratoire dans la tour no 28 de l’enceinte gallo-romaine au XIVe siècle. Le déclin du château s’accéléra après le XVIe siècle, avec l’écroulement partiel de ses structures en 1780 et des démolitions massives au XIXe siècle. Le prieuré, quant à lui, connut plusieurs réformes, dont son rattachement aux génovéfains en 1643, avant sa suppression définitive en 1768. Les reliques de saint Maurice, initialement conservées dans la chapelle royale, furent transférées dans le prieuré avant de disparaître après la Révolution.

L’architecture des ruines révèle une superposition de styles, des fondations gallo-romaines aux ajouts gothiques et néogothiques. La « salle des maréchaux », salle d’apparat du château, se distinguait par ses arcades décoratives, tandis que le dortoir des moines du prieuré conserve une charpente en carène du XVIe siècle. Le logis du prieur, de style classique sobre, contraste avec l’austérité du bâtiment des moines, dont la salle capitulaire et la bibliothèque ont partiellement survécu. Le site, aujourd’hui propriété de la ville, est un lieu de mémoire et de culture, accueillant expositions et journées du patrimoine.

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