Crédit photo : Photo : Coyau Bâtiment : Auguste Perret (1874-195 - Sous licence Creative Commons
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Frise chronologique
XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1914
Victoire de l'Ourcq
Victoire de l'Ourcq 1914 (≈ 1914)
Événement commémoré par l'église, lié aux taxis de la Marne.
30 avril 1922
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre 30 avril 1922 (≈ 1922)
Début officiel du chantier, travaux démarrés en juin.
17 juin 1923
Consécration de l'église
Consécration de l'église 17 juin 1923 (≈ 1923)
Inauguration par Monseigneur Gibier, évêque de Versailles.
29 juin 1966
Classement monument historique
Classement monument historique 29 juin 1966 (≈ 1966)
Reconnaissance officielle de sa valeur patrimoniale.
1988-1996
Restauration du gros-œuvre
Restauration du gros-œuvre 1988-1996 (≈ 1992)
Campagnes successives pour sauver le béton dégradé.
2017
Nouvelle restauration du clocher
Nouvelle restauration du clocher 2017 (≈ 2017)
Projet pluriannuel lancé face aux dégradations persistantes.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église (cad. A 581p) : classement par arrêté du 29 juin 1966
Personnages clés
Auguste Perret - Architecte principal
Concepteur de l'église, pionnier du béton armé.
Gustave Perret - Architecte associé
Frère d'Auguste, co-auteur du projet.
Félix Nègre - Curé doyen du Raincy
Commanditaire de l'église, initiateur du projet.
Marguerite Huré - Maître-verrier
Créatrice des vitraux abstraits et géométriques.
Maurice Denis - Peintre et cartonnier
Auteur des parties figuratives des vitraux.
Antoine Bourdelle - Sculpteur
Auteur de la pietà du tympan.
Benjamin Mouton - Architecte en chef des Monuments historiques
Responsable des restaurations (1988-1996).
Origine et histoire
L'église Notre-Dame du Raincy, aussi appelée Notre-Dame-de-la-Consolation, est construite entre 1922 et 1923 par les architectes Auguste et Gustave Perret. Commandée par l'abbé Félix Nègre pour répondre à l'accroissement démographique du Raincy, elle commémore la victoire de l'Ourcq (1914) et rend hommage aux taxis de la Marne. Son originalité réside dans l'utilisation pionnière du béton armé, matériau alors expérimental, et dans sa construction rapide (14 mois) malgré un budget limité (300 000 francs).
Le projet est né d'un concours organisé en 1916 par la Société de Saint-Jean, mais c'est grâce à l'intervention de Gabriel Thomas, financier du Théâtre des Champs-Élysées, que les frères Perret sont choisis. Leur devis, bien inférieur aux autres propositions (1,8 million de francs), séduit la paroisse malgré les réticences initiales face au béton, perçu comme un matériau ingrat. La première pierre est posée le 30 avril 1922, et l'édifice est consacré le 17 juin 1923 par Monseigneur Gibier, évêque de Versailles.
L'église se distingue par son plan basilical sans transept, imposé par l'étroitesse du terrain, et par ses innovations structurelles : voiles minces de béton de 3 cm d'épaisseur, colonnes élancées de 11 m de haut, et standardisation des éléments préfabriqués. Les vitraux, conçus par Marguerite Huré d'après des cartons de Maurice Denis, mêlent abstraction et figuration, tandis qu'Antoine Bourdelle réalise une pietà pour le tympan. Classée monument historique en 1966, elle devient un symbole de l'architecture moderne.
Dès les années 1960, le béton montre des signes de dégradation (excès d'eau de gâchage, chaux, armatures mal enrobées), nécessitant plusieurs campagnes de restauration. Les toitures sont refaites en 1988-1989, les façades entre 1992 et 1996, et le clocher, particulièrement fragile, fait l'objet de travaux récurrents, dont une nouvelle phase lancée en 2017. Les vitraux, en excellent état, sont restaurés par l'atelier Durand, tandis que l'orgue historique de John Abbey (1876), transféré de l'église Saint-Louis, est rénové en 2010.
L'église du Raincy inspire de nombreuses réalisations ultérieures, comme la chapelle de Tokyo (1937) ou l'église Saint-Joseph du Havre (1951). Son clocher, s'élevant à 43 mètres, s'inspire des gratte-ciels new-yorkais, tandis que son intérieur, baigné de lumière par les claustras, crée une atmosphère à la fois classique et révolutionnaire. Le Corbusier, bien que critique envers sa façade, reconnaît son importance dans l'histoire de l'architecture moderne.
Aujourd'hui, Notre-Dame du Raincy reste un lieu de culte actif et un monument emblématique, attirant visiteurs et chercheurs. Son histoire reflète les défis techniques, esthétiques et financiers de son époque, tout en incarnant l'audace des frères Perret, qui ont su transformer des contraintes en innovations durables. Son vitrail commémoratif, La Vierge aux Taxis, rappelle son ancrage dans l'histoire locale et nationale.
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