Premier acte mentionné 1172 (≈ 1172)
Palais aragonais cité dans un acte.
1er avril 1187
Libertés communales
Libertés communales 1er avril 1187 (≈ 1187)
Alphonse II accorde l’autonomie consulaire.
1613
Achat par les consuls
Achat par les consuls 1613 (≈ 1613)
Donjon devient propriété municipale.
1614–1617
Construction tour octogonale
Construction tour octogonale 1614–1617 (≈ 1616)
Ajout pour cloche et horloge.
29 juillet 1811
Incendie de la flèche
Incendie de la flèche 29 juillet 1811 (≈ 1811)
Foudre détruit le sommet.
1931
Classement monument historique
Classement monument historique 1931 (≈ 1931)
Protection officielle du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
Alphonse II d'Aragon - Roi d’Aragon et comte de Barcelone
Commanditaire du palais en 1172.
Consuls de Millau - Représentants municipaux
Acheteurs du donjon en 1613.
Origine et histoire
Le beffroi de Millau est un édifice emblématique composé de deux parties distinctes : un donjon carré datant du XIIe siècle, vestige d’un palais mentionné dès 1172 sous le règne d’Alphonse II d’Aragon, et une tour octogonale ajoutée au XVIIe siècle. À l’origine, le donjon incarnait la domination aragonaise sur Millau, avec une architecture ostentatoire (voûtes en plein cintre, archères, latrines) conçue pour impressionner. Propriété privée à partir du XIIIe siècle, il devint un symbole de l’autonomie communale après 1187, quand Alphonse II accorda aux Millavois des libertés consulaire.
En 1613, les consuls de Millau acquirent le donjon pour y adosser la tour octogonale (1614–1617), abritant le bourdon communal et une horloge. La structure servit aussi de prison du XVIIe au XIXe siècle, notamment pendant la Révolution. L’incendie de 1811, provoqué par la foudre, détruisit sa flèche de 52 mètres, réduisant sa hauteur à 42 mètres. La tour carrée, aux murs épais et aux escaliers intégrés, contraste avec la tour octogonale en grès ocre, reflétant les techniques du XVIIe siècle. Classé monument historique en 1931, l’ensemble offre aujourd’hui une vue panoramique sur Millau et ses causses.
Le bâtiment en L adjacent, probablement l’aula du palais aragonais, présente des arcades du XIe–XIIIe siècles et des traces de galeries reliant la tour à l’ancien hôtel de Tauriac (siège de la mairie). Les remaniements ultérieurs, comme l’escalier rampant nord, témoignent de son intégration progressive à l’hôtel de ville. La tour, dépourvue de confort résidentiel, était avant tout un marqueur politique : d’abord aragonais, puis municipal après 500 ans d’administration consulaire. Son architecture hybride illustre ainsi les transitions de pouvoir en Rouergue.
La plateforme supérieure, accessible par un escalier latéral post-incendie, permet d’embrasser le paysage urbain et le viaduc de Millau. Les matériaux — calcaire gris-bleu pour le donjon, grès ocre pour la tour — soulignent les époques distinctes de construction. Malgré la perte de sa flèche, le beffroi reste un témoin majeur de l’histoire millavoise, mêlant héritage royal et identité communale.
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